mardi 30 mai 2017

Augmenter la confiance en Soi

L’homme : J’aimerais vous entendre sur la confiance en soi. Je vous explique pour quelle raison. J’ai l’impression que je ne me sens jamais à la hauteur soit dans mon travail ou dans mes relations avec les autres personnes.

Concernant ma vie professionnelle par exemple, à toutes les fois que j’ai une nouvelle tâche à réaliser, je doute sur ma capacité à être en mesure de le faire correctement et selon ce que mes supérieurs s’attendent de moi. Je sais pourtant que j’ai suffisamment d’expérience dans mon domaine et que je vais y arriver. Je sais également que je vais y mettre les efforts nécessaires et mobiliser mes connaissances ou demander de l’aide au besoin. Cependant, j’ai toujours cette habitude de commencer à faire face à une nouvelle tâche avec des craintes. Ceci me procure de la nervosité et de l’anxiété qui sont pourtant non nécessaires dans ma vie. J’aimerais tant affronter ce qui se présente avec courage et détermination et avec la pleine confiance en moi qui me permettrait d’être en toute possession de mes moyens, sans y perdre autant d’énergie. Avez-vous une idée sur ce que je devrais faire pour acquérir une plus grande confiance en moi ?

Le pêcheur : Si tu le veux bien, regardons ton questionnement dans un autre angle. Partons de la question que tu as posée. Tu mentionnes l’idée d’une plus grande confiance en « moi ». Le « moi » en question, qui est-il ?

L’homme : C’est moi-même, qui je suis-je crois….

Le pêcheur :  J’apporterais une nuance. Tu vois, cela nous amène à l’interprétation de ce que tu es. Ce « moi » n’est pas ce que tu es vraiment. Le « moi » est une description de ce que tu crois être. C’est une évaluation de ce que tu es et cette évaluation est très éloignée de ta vraie nature. Le « moi » t’amène à toutes sortes de remarques sur que tu es et sur les façons que tu devrais faire les choses ; dans ce cas-ci réaliser les tâches correctement pour être à la hauteur. Cette discussion intérieure de ce « moi » sur ce que tu es ou ce que tu devrais faire, elle agit comme une sorte de grand juge qui alimente le sentiment de doute. Curieusement, la peur et l’anxiété qui se manifestent proviennent de ce « moi » qui s’évalue, qui se dévalorise et se sous-estime sans cesse sur sa capacité à faire correctement les choses.

Ce « moi » fait tellement une grande campagne de peur dans ta tête, qu’il entraîne aussi des craintes sur ce qu’il croit que les autres vont penser. Il interprète à l’avance notamment ce que tes supérieurs pourraient penser de tes actions et de toi, si par exemple tu ne faisais pas les choses de telle ou telle manière. Le travail n’est pas encore commencé que ce « moi » de doute et de peur se met déjà en mode de condamnation des actions potentielles non encore réalisées. Il en résulte un empoisonnement de tes énergies vitales qui justement vont être nécessaires pour réaliser les tâches prévues. Il agit comme un paralysant sur ta propre vitalité. Il peut même faire en sorte de te pousser à effectuer des actions qui se seraient faites autrement sans tout le bouleversement émotionnel qu’il a lui-même créé.

Alors, dis-moi, veux-tu toujours avoir, comme tu le dis, une plus grande confiance en ce « moi », alors que c’est lui-même qui te juge sévèrement. Peux-tu faire confiance à ce « moi » jugeur de ce que tu fais et de ce que tu es. Crois-tu vraiment que c’est en lui qu’il faut faire augmenter ta confiance ?

L’homme : C’est vrai que j’ai l’habitude de me dévaloriser et de me juger sévèrement… Vu comme ceci, je devrais changer mon expression alors ! Plutôt que de dire j’aimerais avoir une plus grande confiance en « moi », dire : augmenter…eh… en fait, je ne sais pas vraiment quoi dire à la place.

Le pêcheur : Alors, poussons un peu la discussion. Dis-moi qui se juge ?

L’homme : C’est l’idée que je me fais de « moi », en fait c’est ce « moi » qui juge les actions que je m’apprête à réaliser.

Le pêcheur : Excellent. Pour que tu puisses affirmer ce que tu viens de dire, il faut que quelqu’un d’autre en toi ait constaté ce que fait ce « moi ». Je dirais donc que c’est le « Je » qui voit ce « moi » qui se juge constamment.

L’homme : Ce « Je » alors, est-ce que c’est le Soi, est-ce que c’est ce que je suis vraiment en-dehors de l’envahissement du « moi ».

Le pêcheur : C’est exactement cela. Je te ramène maintenant à la première phrase que tu m’as mentionnée : tu aimerais m’entendre sur la confiance en soi. Nous y voici donc à ce « Soi ». Ne serait-il pas mieux de dire : comment augmenter la confiance en Soi.

L’homme : Comment peut-on faire ceci ? Moi…  oups… « Je »… n’en ai aucune idée !

Le pêcheur : Pour augmenter la confiance en Soi, il faut juste faire porter son attention sur ce Soi qui regarde ce qu’il y a à réaliser. Tu l’as dit toi-même lorsque tu as mentionné que tu sais que tu as assez de connaissances, d’expérience, que tu connais les efforts à mobiliser et les moyens pour recourir à de l’aide au besoin. Tu sais et tu ressens toutes ces choses avec un certitude et sans l’ombre d’un doute. Tu sais aussi qu’il faut du courage et de la détermination pour affronter les tâches à réaliser. Si je te demandais, es-tu certain que ça prend toutes ces choses pour réaliser ces tâches, que répondrais-tu ?

L’homme : Je te répondrais, oui j’en suis certain.

Le pêcheur : Et si je te demandais en plus, est-ce que tu as vraiment confiance en ce que tu me dis ?

L’homme : Bien certainement. Je te dirais que je suis absolument confiant de te dire que cela prend des connaissances, de l’expérience, etc. et que rien ne peut me ferait changer d’avis à ce sujet.

Le pêcheur : Tu vois, ceci est la vraie confiance en « Soi ». Tu ressens toute la force et la puissance de cette confiance quand tu es dans le « Soi » ou le « Je ». Ceci est la vraie confiance en « Soi » et elle augmente quand tu as décidé de changer l’angle de ton attention. Plutôt que de maintenir celle-ci sur le « Moi » qui ne fait que freiner ton ardeur et ta détermination, tu t’ouvres à la force de ce que tu es vraiment. Le « Moi » juge et anticipe les choses avec doute, alors que lorsque tu dis « Je » sais que cela prend telle ou telle chose pour faire face à ce que j’ai à faire, je les mobilise avec confiance. Tu peux maintenant reprendre ta place et avancer avec confiance dans toutes les tâches qui se présentent à toi. N’est-ce pas ce que tu souhaitais vraiment ?

L’homme : C’est absolument cela. Maintenant tout s’éclaire sur cette confiance en Soi. Je vous remercie infiniment.

Le pêcheur : Ne me remercie pas, fais juste apprécier cette capacité que nous avons tous et toutes de nous replacer au cœur du vivant, dans cette grande énergie qui provient de la confiance en son « Soi ». Celle-ci nous permet d’être en pleine possession de nos moyens et augmente l’énergie nécessaire pour réaliser ce que nous avons à faire.





 

 

 

 

jeudi 11 mai 2017

L’immobilité de la conscience en présence



La conscience ne bouge jamais. Vous n’allez pas dans des lieux différents lorsque vous êtes dans la conscience en présence. Les endroits, les événements, les gens se présentent à votre état de conscience et à l’étendue de celle-ci. Cet étendu est ce que nous pourrions nommer le champ de la conscience. Vous êtes toujours là, sans bouger, ressentant la conscience en présence, mais en même temps, complètement ouvert à ce qui est et ce qui se manifeste.


Prenons l’exemple de conduire avec sa voiture sur une autoroute. Lorsque nous nous déplaçons en voiture, la conscience ne se déplace pas. Le corps est dans la voiture, le véhicule avance, mais les autres voitures à l’avant ou à l’arrière apparaissent à la conscience, les lignes pointillées et les paysages arrivent à mesure à la conscience. Autre exemple, j’ai eu l’expérience dans ma vie de visiter plusieurs pays et même si je me déplaçais physiquement, tous ces nouveaux environnements se présentaient à ma conscience.


Il est important ici de noter que vous n’êtes pas limité à la conscience. La conscience est un état que vous ressentez tout en étant témoin de cet état, pour dire simplement, vous savez que vous êtes dans l’état de conscience. Nous pourrions dire que vous percevez cette conscience et ressentez les effets lumineux de celle-ci. Ne recherchons pas une lumière physique comme une ampoule allumée lorsqu’il est question d’effets lumineux. Ce mot sert plutôt à exprimer qu’il y a une grande clarté du monde qui nous entoure et de celui à l'intérieur de nous.


C’est comme si vous étiez calme et regardiez une fleur. Tout d’abord, vous avez conscience des formes générales de celle-ci, mais plus vous vous ouvrez et plus votre attention s’amplifie, plus les formes et les odeurs de cette fleur s’intensifient, plus les détails apparaissent dans votre champ de conscience.


Faites une autre expérience par exemple, celle de goûter une gorgée de vin. Lisez tout d’abord l’étiquette sur la bouteille et imprégnez-vous des détails descriptifs de ce vin. Ensuite, prenez-en une gorgée mais sans l’avaler. Essayer de vous ouvrir avec attention sans effort à tous les détails que vous percevez de ce vin : goût boisé, fruité, présence d’alcool, différents parfums, textures de ce liquide. Avalez cette gorgée et soyez attentif aux vapeurs qui circulent au niveau de votre nez et les subtiles traces de saveur qui demeurent dans votre bouche. Ici, nul besoin pour cet exercice d’être un expert en vin. Je vous invite plutôt à devenir un expert de votre propre ressenti. Tous ces détails, il ne faut pas les analyser avec des mots ou les décrire avec votre réflexion. Soyez seulement attentif, présent à ce qui se manifeste dans cette simple action de boire une gorgée de vin. Si vous en venez à vous séparer de la tendance à réfléchir à ce qui se passe et plutôt faire place à ressentir, vous verrez que ce qui est ressenti passe par l’ouverture et est capté par la conscience en présence. Cette ouverture élargit notre présence à ce qui est, à ce qui se présente dans les formes les plus subtiles à notre conscience. Les quelques descriptions sur la bouteille qui vous ont aider tout d’abord à identifier certains éléments de ce vin, cèdent la place à la richesse indescriptible des détails vécus par le ressenti. C’est par la conscience que ces détails apparaissent et peuvent être ressentis en soi.


La conscience elle-même n’est pas mouvement, elle est totalement disponible à ce qui se présente. Ce qui est actif, c’est l’action de calmer notre cerveau et de diriger notre attention vers cette conscience et de se placer dans une position de conscience. Ce qui est actif aussi, c’est l’énergie vivante de la saisie que nous sommes dans cet état de conscience. Nous ressentons les reliefs les plus fins, les plus précis du vivant qui se manifestent et qui sont captés par cette conscience. Dans cet état de conscience, la vie manifestée et captée par ce champs élargi peut devenir aussi pur que le cristal ou le diamant. Dans l’exemple alchimique souvent cité de Midas découvrant comment changer tout en or, nous pouvons dire qu’avec cet état de conscience en présence, tout devient pur comme de l’or.


Ceci fait émerger des expériences que nous pourrions qualifier de sommets. Certaines personnes escaladent le Mont Everest ou effectuent des activités intenses pour vivre ces états prononcés d’attention et de ressentis conscients. Ces expériences sommets sont pourtant disponibles, là, maintenant, aussitôt que vous décidez de vous placer dans un état de conscience en présence à ce qui se manifeste. Ces intenses ressentis sont des moments forts de vie. Plus nous prenons des moments de conscience en présence, plus notre vie s’enrichie et prend de l’expansion.


Les exemples précédents portaient sur la dimension physique de notre corps. Pour ce qui est du monde psychologique ou mental, nous savons que nos pensées et nos idées se déplacent dans notre tête. Elles vont et viennent sous différentes formes imagées, se projettent dans le futur ou font des retours dans le passé ou même discute sur ce qui se passe maintenant. Il y a un mouvement continuel qui bouge sans cesse. Toutes ces idées et ces pensées se présentent également à notre conscience. Comme celle-ci est immobile, tous ces mouvements intérieurs se présentent dans le champ de la conscience. Elle constate ce va et vient de ces idées et pensées qui viennent et qui s’en vont.


Se placer dans un état de conscience en présence de ces manifestations mentales est un renversement très important. Plutôt que de regarder notre vie avec ces pensées qui vont et viennent, nous sommes présents à ces mouvements et sommes capables de distance avec ceux-ci. Nous commençons à nous séparer de ce avec quoi nous regardions notre existence, c’est-à-dire par nos pensées. Nous pensions notre vie avec les idées ou les constructions mentales sur celle-ci. Maintenant, en nous plaçant dans l’état de conscience en présence de ces idées ou constructions, nous les voyons apparaître à notre conscience en ouverture et sommes témoins de leurs manifestations. Nous ressentons que nous ne sommes pas ces idées ou pensées, nous retrouvons notre propre ressenti, nous constatons par ce champ de la conscience notre monde intérieur et toutes ces histoires fabriquées dans notre cerveau.


Quand nous ajoutons la présence à la conscience, nous faisons intervenir la dimension de l’attention active, mais sans effort. Notre conscience est ouverte à ce qui se présente et nous sommes attentifs à ces phénomènes qui se déploient dans celle-ci. L’action d’être présent à la conscience et aux phénomènes nous permet d’exister par notre présence à ce qui est et ce qui se manifeste. Nous sommes là, ici et maintenant. Nous marchons libre et ouvert et découvrons toute la richesse et les reliefs qui se présentent à notre conscience immobile et présente à tout ce qui se manifeste en cette vie.



 


 


 


 


 

mardi 2 mai 2017

L’appréciation qu’on se porte à soi-même


Il n’y a pas plus grande appréciation
que celle que nous portons envers nous-mêmes !

Il est vrai que nous grandissons en cette vie avec le regard des autres. Au départ, celui de nos parents, de notre famille et de nos amis. Par la suite, ce regard s’élargit pour englober les voisins, les élèves et professeurs-res d’école, nos collègues de travail et nos employeurs. De façon variable, plusieurs personnes rencontrées sur notre chemin peuvent nous refléter des interprétations de ce qu'elles pensent que nous sommes où qualifier nos actions selon leurs propres référentiels.

Il n’est pas rare de nous identifier à ce que les autres projettent comme commentaires ou évaluations de toutes sortes sur nous. Quelques-uns vont être valorisants ou nous amener à nous améliorer et à nous dépasser alors que d’autres vont provenir d’intentions contraires, celle de dévaloriser, rabaisser, catégoriser ou décourager. Ceux et celles qui, au cours de leur cheminement existentiel, ont rencontrer des êtres significatifs qui les ont poussés vers l’avant et vers ce qu’il y a de plus positif comme regard sur eux-elles-mêmes, ont pu avoir ou développer une appréciation personnelle positive.

J’ai toutefois croisé à quelques reprises, des personnes qui avaient bâti une version d’elles-mêmes extrêmement déformée et négative.  Celle-ci provenait de ce que leur entourage immédiat ou encore des personnes en autorité leur avaient dit.  Le développement de leur personnalité s'est élaboré graduellement de fil en aiguille, petit à petit, en référence à ce regard de l’autre.  Elles en sont venues à porter lourdement sur leur dos le manteau de plomb des jugements reçus. C'est avec peine qu'elles tentent maintenant d'avancer sur leur sentier en revivant à chaque instant les douleurs des critiques gravées profondément dans leur cœur écorché. Cette lourdeur peut ainsi être traînée de la sorte depuis des dizaines et des dizaines d’années, sans savoir comment s’en défaire.

Il est une fâcheuse manie pour certains-nes de se servir de mots et de leurs énergies dévastatrices afin de diminuer, dévaloriser, contrôler ou détruire leur prochain. La grandeur des uns-unes s’érige hélas souvent sur les personnalités meurtries des autres. Comme s’il fallait ne pas avoir peur de piler sur leur tête pour se grandir à leurs dépens.

Certaines paroles peuvent être prononcées inconsciemment, sans intention malicieuse et sans connaissance des effets négatifs réels provoqués. D’autres sont cependant conscientes et visent réellement à porter préjudice à la personne visée.

Avec la venue des média-sociaux, c’est le médium qui change. L’ÉGO des uns-unes utilise ce moyen pour traîner trop facilement les autres dans la boue. Certaines armes de destruction massive de personnalités sont trop souvent utilisées telles la médisance, les insultes les plus vicieuses, l’hypocrisie, les manipulations sournoises, la mobilisation et l'encouragement à la haine pour des fins destructrices de leurs semblables. Tout ceci, fait partie malheureusement de ce qu’il y a de plus sombre dans l’être humain. Il ne faut pas se leurrer, ce sont des pratiques qui font des ravages et causent des blessures de profondeurs variables autant chez les jeunes que chez les adultes.

Il est légitime d’affirmer que la liberté d’expression s’arrête 
au moment où elle nuit ou détruit la liberté et l'intégrité des autres !

Est-il possible de pouvoir nous apprécier sans avoir à nous référer constamment à ce que les autres pensent ou ce que nous croyons qu’elles pensent de nous ? Peut-on d’autre part se défaire des idées négatives que nous portons sur nous-mêmes ?

Il n’est malheureusement pas vraiment toujours à notre portée de contrôler ce que les gens pensent ou disent. Il est certes possible d’essayer de modeler sa personnalité ou ses actions pour se fondre aux attentes et aux jugements des autres, pour leur plaire ou influencer positivement l’idée qu’ils-elles ont. Cette attitude exige cependant beaucoup d’énergie et pousse l’individu à l’ombre de lui-même.
 
Comment nous trouver nous-mêmes
si nous cédons ce que nous sommes
à l’identification que nous porte autrui ?

Il y a un moment, un temps d’arrêt où il est favorable de regarder et de prendre une distance sur ce que les autres disent ou pensent de nous. Au départ, l’autre n’a pas toutes les informations et les connaissances sur ce que nous sommes, ce que nous vivons, ce que nous devenons. Il ou elle a une perception biaisée qui peut être liée à ses propres références, interprétations et limitations. Sa manière de juger les autres peut camoufler des problèmes personnels, des complexes, des jalousies inavouées, des frustrations qu’elle vit ou a vécues, des peurs et des angoisses de perdre quelque chose et qui la pousse à jeter son fiel ou son venin sur les autres. Il est possible de se dire, si ce n’étais pas moi qui recevait ces jugements,  ce serait certainement un ou une autre qui en hériterait.

De toute façon, il ne faut pas être bien en soi-même pour ne pas voir la beauté et la grandeur en chaque Être. C’est vivre dans l’enfer que de détester ou de critiquer les autres et d’en faire une manière de vivre. Qu’elle joie et bonheur peut-il bien y avoir dans une vie quotidienne meublée de jugements, de critiques et d’actes haineux ?

Ce recul peut permettre de compatir avec les tourments que vivent les personnes dans cette situation. Ceci n'excuse pas les comportements et les paroles reçues mais peut aider à prendre de la distance envers elles.  Dans le fond, c’est un grand malheur de vivre de cette manière. J’ai déjà lu à quelque part que lorsque nous pointons un doigt vers une autre personne pour la critiquer, il y en a trois autres repliés qui pointent en notre propre direction. Nous pourrions le dire aussi de cette façon:
 
Les critiques négatives et les jugements envers les autres,
lèvent 3 fois en soi-même la peur de les recevoir.

Le grand ménage du printemps peut s’imposer à certains moments de vie ou il est nécessaire, pour sa propre santé et vitalité d’écarter des relations nuisibles pour se tourner vers certaines plus nourrissantes. Ceci peut être un moyen efficace pour la reconstruction d'une forte estime de soi-même.

Il peut être nécessaire de réagir aussi à certains moments avec affirmation, en expliquant clairement ce que nous acceptons ou non ou même en dénonçant. C’est déjà un pas vers le respect de soi et le recours à des moyens qui permettent d’indiquer nos limites. Dans des cas où il y a atteinte à notre intégrité psychologique ou physique, présence de violence ou de dangers, certaines situations de vie peuvent nécessiter le recours à des aides professionnelles (policiers, organismes de soutien en violence, psychologues, etc.). Il ne faut pas hésiter à consulter. Il en va de notre sécurité ou parfois de celle d’autres personnes.

Concernant le regard que l’on porte sur soi-même, il faut dire que la personnalité individuelle est liée à ce qui se construit en référence vers l’extérieur mais aussi à ce qui se définit de l’intérieur. Les jugements que certaines personnes se portent sur elles-mêmes peuvent être aussi et même à certains moments, plus dévastateurs que ceux qui proviennent de l'extérieur. L’autosabotage est une croyance pour l’individu de ne jamais être à la hauteur, de croire que les autres ont raison de le juger et qu’il n’a pas droit à la joie et au bonheur. On se juge alors sévèrement et sans ménagement. C’est comme se saborder soi-même et jeter l’éponge sur son propre droit à la vie.

Un moment de recul peut être approprié pour prendre une distance et faire le grand nettoyage des idées négatives que nous nous attribuons parfois. Nous avons le pouvoir de couper la route à toutes pensées chargées de jugement et de dévalorisation sur soi et les remplacer par des pensées d’encouragements positifs, de reconnaissances de nos efforts, de félicitations envers nos petites réussites au quotidien.

Dans la vie de tous les jours, plusieurs utilisent des mots qui les diminuent ou des commentaires négatifs qu'elles prononcent sur elle-même à voix haute ou dans leur tête. C'est une erreur de penser que cette manière de faire ne crée pas d'auto-blessures et de sentiments dévalorisant (dans le sens de s'enlever de la valeur). Il est bon de prendre un temps d'arrêt et de faire l'inventaire de ces mots dévalorisant en réfléchissant sur cette phrase:

L’antidote à la dévalorisation c’est de faire une diète minceur 
et d’éliminer tous nos auto-jugements.

Quand nous courcircuitons ces habitudes, nous commençons à nous porter de meilleurs égards et à nous revaloriser. Quand nous entendons la phrase courante : Prends-soin de toi ! Profitons de celle-ci pour nous porter une meilleure attention et nous faire des petits plaisirs. Baigner dans cette attitude de positif, de valorisation et de douceur peut nous permettre de se réapproprier ce que nous sommes et voulons être et de reprendre un nouvel élan vers notre joie et notre bonheur. Plutôt que d’attendre que les autres nous valorisent, faisons-le nous-mêmes, par nous-mêmes et pour nous-mêmes.

Oui, il est bien vrai qu’il n’y a pas plus grande appréciation
que celle que nous portons envers nous-mêmes.

Recommençons à nous aimer pour ce que nous sommes et à nous apprécier à chaque jour.

Notre vie en vaut bien le coup ! : )
 

 

 

 

 

 

 

dimanche 30 avril 2017

Une voie vers le silence intérieur


Le silence est un mot qui signifie l’absence de son ou de bruit. Un son ou un bruit sont des vibrations qui atteignent les organes des sens et les font vibrer. Les bruits extérieurs nous affectent positivement, négativement et parfois n’ont aucun impact sur nous, en d’autres mots, ils nous font vibrer selon une intensité relative.  Il y a aussi les sons que nous percevons physiquement et ceux dont nous n’avons pas conscience de leur présence, mais qui sont là tout de même. Par exemple à travers les bruits quotidiens, nous portons attention sur certains sons comme ceux de la télévision ou des autres personnes qui parlent. Cependant, lorsqu’un ventilateur ou un système d’air climatisé s’arrête, nous prenons conscience que ce son était aussi présent.

Nous avons tendance à croire que le silence est présent lorsque nous n’entendons plus aucun son. Curieusement, même dans ces moments de silence extérieur, il y a d’autres bruits qui ne sont pas sonores mais qui sont pourtant également vibratoires, ce sont les bruits mentaux. Toutes les pensées et tous les sentiments qui nous animent intérieurement et qui provoquent en nous des émotions peuvent être qualifiés métaphoriquement de bruits mentaux.

Il y a des pensées qui nous occupent ou nous préoccupent consciemment, lorsque nous en prenons attention. Toutefois, comme pour l’exemple du ventilateur cité précédemment, il y a d’autres pensées qui nous habitent mais dont nous ne soupçonnons même pas leur présence. Celles-ci peuvent nous affecter variablement tout de même.

Plusieurs de ces pensées peuvent être utiles pour pouvoir agir dans notre monde. Certaines sont rattachées à un rappel lié à nos besoins quotidiens. Par exemple, les pensées qui nous disent de préparer un repas pour se nourrir, utiliser un moyen de transport pour se rendre au travail, penser à ce qui est nécessaire pour prendre soin de nos enfants, etc. Ces pensées sont d’ordre fonctionnel et sont nécessaires pour prendre des décisions et mettre en place des actions afin de combler les exigences de notre quotidien.

Les formes pensées, contrairement à ce que plusieurs croient, ne sont pas qui nous sommes. Elles sont la manifestation en continue des multiples idées, suggestions, souvenirs, images, etc. qui s’expriment dans notre tête. Les pensées sont des outils à notre disposition et nous avons la possibilité de discernement entre celles qui peuvent nous servir réellement et celles qui peuvent nous être nuisibles. Car oui, il y a aussi une multitude de pensées perturbatrices qui nous maintiennent dans des sentiments d’angoisse, de peur ou de stress et qui peuvent affecter notre joie de vivre.

Est-ce que le silence intérieur est l’absence de ces bruits mentaux et si oui, comment faire pour fermer le volume de ce vacarme, ou du moins le faire diminuer. Même si nous sommes très concentrés et que nous sommes très calmes, nous allons tout de même constater la présence de ces bruits. La tête est comme un ciel plein de nuages. Ceux-ci passent et repassent sous différentes formes et créent des perturbations vibratoires intérieures.

Donc, est-ce qu’il faut comprendre qu’il n’est pas possible d’y échapper ? Oui il est possible. Il y a au moins deux attitudes que nous pouvons avoir face à ces pensées. Une qui ne nous permet pas d’y échapper et une autre qui nous le permet : la première, demeurer dans les tensions émotionnelles ou la résonnance qui accompagnent ces pensées. Cette première attitude nous emprisonne dans les effets perturbateurs des pensées et nous trappe dans un tourbillon émotionnel de peur, angoisse, enthousiasme, désirs, etc. La seconde attitude, celle du détachement est la séparation entre les bruits mentaux et la constatation détachée de ces phénomènes intérieurs.

Plus facile à dire qu’à faire, vous allez dire ?

Certaines pensées et réactions émotives nous semblent tellement puissantes et incluent un tel taux vibratoire qu’il nous semble impossible d’en faire abstraction. C’est pourtant en raison de l’attachement et l’identification à celles-ci que l’être humain vit de multiples troubles mentaux et émotionnels au quotidien. Stress, dépressions, idées suicidaires et toutes autres formes de pensées qui le font valser dans le tumulte de leurs manifestations. Le silence intérieur n’est pas l’absence de bruits mentaux, il est le calme sans le maintien d’une prise sur les vibrations qui lui sont rattachées. Une personne qui vit dans le silence intérieur voit les pensées et leurs effets émotifs avec une distance, sans s’y accrocher.

Est-il possible de vivre au quotidien dans ce détachement ou si nous sommes condamnés à vivre dans l’enfer des tourments intérieurs ? Il est possible, par la pratique simple et graduelle suivante : nous pouvons concrètement essayer d’être attentif à quelques pensées et essayer de les voir pour ce quelles sont, que des pensées ou des images intérieures. Nous pouvons ressentir en nous les effets émotifs qu’elles génèrent sans s’y laisser prendre.

Prenons un exemple. Ce matin je me suis fait réveillé très tôt pas un voisin qui frappait sans cesse avec son marteau. Avant même de commencer à me faire un scénario sur la situation, je suis resté attentif à ce qui se manifestait comme pensées. La première à venir avait approximativement la forme suivante : qui peut bien cogner du marteau et réveiller tout le monde de la sorte un dimanche matin ! Alors qu’ordinairement je me serais laissé entraîner dans un tourbillon d’idées avec de multiples charges émotives telles que : il ne pense qu’à lui, cette personne est égoïste, je vais aller lui dire que ça n’a pas de bon sang d’agir de la sorte et ainsi de suite. Nous pouvons facilement nous imaginer toutes les conséquences possibles qui auraient pu s’en suivre, en termes de tensions intérieures et de conflits extérieurs potentiels. Une belle journée de dimanche pourrait ainsi prendre une tournure très différente et mener à un obscurcissement et une tempête intérieure et extérieure et très peu de temps.

Au lieu de cela, j’ai vu en moi cette première pensée et la tension qui l’accompagnait, mais je les ai regardées pour ce qu’elle était, une pensée accompagnée d’une émotion colérique. En regardant cette pensée, j’ai pu du même coup m’en distancer, comme quelqu’un qui va voir un film au cinéma, avec un certain détachement. Je me suis mis à écouter le marteau cogner et me suis rendu compte que ce n’était que le son d’un marteau qui cogne. J’ai entendu le son pour ce qu’il était tout simplement, sans lui porter quelque interprétation qui soit. Cette façon de me détacher de la pensée chargée de tension et du son manifesté a fait en sorte que j’ai pu demeurer dans le calme intérieur. Mon dimanche s’est poursuivi avec une très belle énergie accompagnée d’un beau ciel bleu ensoleillé et sans les nuages.

Voici donc ce qui se produit : les pensées passent, les émotions s’estompent laissant doucement place au calme et au silence. L’image de la pensée devient floue, la puissance ou l’intensité de l’émotion générée diminue et la plénitude de ce que nous sommes peut reprendre toute la place.

Avec une plus grande attention, nous pouvons percevoir les pensées dont nous n’avions pas conscience de leur présence. Même celles les plus profondément enfouies ne peuvent se dissimuler lorsque nous portons un regard calme et ouvert à ce qui se manifeste en nous. Certaines de ces pensées profondes peuvent avoir un impact important sur nos émotions et notre personnalité (l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes). La même pratique peut s’appliquer à de telles pensées profondes. Nous leur permettons de revenir à la surface, juste en les percevant ou en les identifiant parfois par l’énergie qui se manifeste soit par une subtile tension physique, une émotion ou sentiment inconfortable. La pensée se trouve à la source, à la racine même de ces manifestations. Il est important de laisser venir à la conscience, cette pensée enfouie. Une fois cela fait, ressentir les vibrations et les laisser être pour ce qu’elles sont. Le recours à un service professionnel de soutien peut parfois être nécessaire et recommandé en cas de détresse liée à certaines pensées. Ne pas hésiter à consulter dans ce cas.

Le silence intérieur est ainsi disponible par le détachement des bruit mentaux. Cet espace ainsi créé permet à la conscience d’exister sans la prise sur la pensée et les émotions. Moins le ciel intérieur est obscurci par les nuages mentaux, plus le ciel de notre conscience devient clair. Voici donc disponible le chemin vers une nouvelle voie, celle du calme et du silence intérieur.
 
 
 


 

 

mercredi 26 avril 2017

La liberté au-delà de nos accumulations


Nous vivons en accumulant de multiples choses au fil des années. Toutes ces accumulations ont leurs utilités pour nous permettre de répondre à des besoins divers et rendre notre vie plus confortable. Que ce soit des nouvelles connaissances et expériences pour combler notre curiosité, pour obtenir ou conserver un emploi, une voiture pour nous déplacer, aller travailler, voyager ou autres raisons, des objets qui vont meubler et égailler notre vie, de l’argent pour nos besoins alimentaires, vestimentaires, notre hébergement, nos loisirs, notre retraite ou encore pour aider d’autres personnes.

Certaines personnes pourraient penser que c’est un énorme gaspillage de tout laisser aller au moment de quitter ce monde. Pourquoi tant d’effort pour finalement ne rien pouvoir emporter ? Quelle absurdité d’avoir mis autant d’énergie, alors que rien de ceci ne nous accompagnera au moment du grand départ ! Oui, il y aura bien quelques traces laissées derrière nous qui prendrons la forme d’héritages, d’écrits ou des réalisations diverses. Possiblement que nos proches pourront profiter de ce que nous aurons laissé (s’ils ou elles y trouvent une importance ou une utilité). D’autres pourraient penser que tous les efforts dans la vie ne servent absolument à rien. Que tout ce que nous réalisons ou obtenons n’a finalement aucune importance et ne vaut pas la peine d’être vécu ou obtenu.

Je relativiserai en disant que toutes ces accumulations ont eu ou ont leurs utilités variables. Elles ont répondu ou répondent à des besoins au moment où cela nous semble nécessaire. Nous avons vécu ou vivons au moment de leur accumulation avec le sentiment de leur importance relative et selon la signification que nous leur apportons. Est-ce que nous accumulons trop ou trop peu ? Ceci est une autre question que chacun et chacune peut répondre en lien avec ses besoins réels ou superficiels.

Maintenant, que peut-on comprendre de devoir tout laisser derrière soi ? Est-ce que ceci doit nous laisser amère, déçu et avec un sentiment que tout ceci est le reflet de l’inutilité existentielle ? Je dirai simplement que tout est et n’a pas besoin d’être accumulé pour toujours. La vie est expérience et non pas attachement. C’est le sentiment d’attachement qui créé la résistance à laisser aller les choses. Corps, richesse, pensées, personnalité, Égo, réalisations, formes physiques diverses, tout ceci ne fait que passer en cette vie, ils ne sont que des phénomènes expérimentés par ceux et celles qui les vivent.

La liberté apparaît au moment où nous lâchons-prise. Mais que veut bien dire cette expression de lâcher-prise. C’est lorsque nous laissons aller la tension énergétique créée par notre volonté de possession ou de mainmise des phénomènes et des objets. Au lieu de voir ceux-ci en référence à une volonté de les retenir et de les maintenir dans le temps, il est grandement libérateur d’accepter qu’ils ne soient que de passage dans notre vie.

La grande découverte de la Vie, c’est justement de vivre ce qu’il y a à vivre, découvrir l’expérience fascinante de la Vie, mais sans avoir besoin de s’attacher à quoi que ce soit. La claire présence à ce qui est et à ce qui se vit est elle-même d’une grande intensité. C’est un état de pleine ouverture et plein embrassement de l’existant. Nul besoin d’engranger ou d’accumuler pour justifier ou non l’utilité de notre vie.
 

 

vendredi 24 février 2017

Qu’est-ce que l’état de vitalité

L’homme retourna voir le pêcheur pour lui faire part de son exercice soutenu de concentration sur ses activités quotidiennes et en profita pour l’interroger sur la vitalité.

L’homme : L’autre jour, j’étais perturbé par la lassitude, un manque de sens et l’impression de refaire constamment les mêmes choses tous les jours. Suite à notre discussion, j’ai pratiqué à faire porter mon attention de manière un peu plus soutenue sur mes actions. J’ai effectivement découvert qu’elles sont beaucoup plus complexes et nuancées qu’elles me semblaient. Je vous accorde que de voir les choses ainsi, enrichie effectivement mon quotidien et j’ai repris le goût de m’investir dans mes activités.

Je me suis toutefois beaucoup interrogé sur les pertes d’énergie ou de vitalité auxquelles nous avons à faire face à certains moments. Celles-ci me semblent mettre en danger notre manière de voir notre vie et d’y trouver un sens. J’aimerais vous entendre sur ces pertes d’énergie ou de vitalité, est-ce possible?

Le pêcheur : Bien sûr. Cependant je vais aborder les choses différemment. Je vais te répondre en me concentrant sur la vitalité elle-même. Est-ce que tu me le permets?

L’homme : C’est certain. Je suis d’ailleurs bien curieux de voir comment vous allez m’en parler. Je vous écoute!

Le pêcheur : La vitalité est un état qui passe souvent inaperçu. Nous sommes portés à percevoir davantage un état de perte de vitalité ou une perte d’énergie. Celle-ci sera comblée par un moment de repos, un arrêt de travail ou d’activité ou en mangeant des aliments qui nous fournissent l’énergie nécessaire. Pour certaines personnes ces états sont beaucoup plus sérieux et peuvent même entraîner le recours à des aides psychologiques et médicaux.

Il est curieux de constater cependant que nous portons plus facilement notre attention sur quelque chose qui nous manque plutôt que sur ce qui est présent en nous. La perte de vitalité étant ce qui nous manque et la vitalité étant ce que nous avons. Je crois donc que notre état de vitalité gagne à être mieux connu ou à être mieux ressenti.

L’homme : Que voulez-vous dire par ressentir l’état de vitalité ?

Le pêcheur : La vitalité c’est l’état de ressentir dans chacune des cellules de notre corps l’énergie du vivant en nous. Cette perception ne se saisit pas par une interprétation mentale et même pas par les sens. Elle ne se ressent pas non plus par les parties du corps. Elle se ressent en nous alignant et en nous concentrant sur l’énergie qui vibre en nous avec une intensité variable.

Notre centre énergétique se situe au niveau du cœur. Il ne faut pas le chercher dans un seul point physique. C’est comme un halo vibratoire passant à travers notre centre corporel. Il est possible de faire varier l’intensité et l’expansion de ce halo énergétique pour qu’il illumine l’intérieur et toutes les parties de notre corps et tout autour de lui. Cette vibration énergétique et lumineuse est perçue par la concentration ouverte et active et dans une présence attentive à cette énergie vivante.

L’homme : Mais à quoi sert-il donc de se concentrer sur ce halo d’énergie ou de vitalité ?

Le pêcheur : Ceci sert à ressentir le vivant en nous autrement que dans notre tête. Ceci nous permet de vivre avec toute notre intensité d’énergie de vie. Cette attention nous permet aussi de nous recentrer quand l’ensemble de nos problèmes ou de ceux des autres personnes nous assaillent. Nous pouvons ainsi neutraliser et même éliminer les tensions qui se sont cristallisées dans les parties de notre corps. Plutôt que d’être aspirés et vidés par les préoccupations, donc souffrir de pertes énergétiques, nous vibrons de façon intense malgré les circonstances de la vie.

Notre attention n’est plus focalisée sur les pensées, émotions, sentiments et leurs réactions physiques, mais plutôt dans le centre d’énergie vivante.

L’homme : Il m'apparaît difficile d’accéder à ce centre énergétique. Il me semble que lorsque j’ai des problèmes, ils occupent toute ma tête et tout mon univers. C’est comme si ceux-ci tournaient le robinet de mon énergie et de ma vitalité et le laissaient ouvert de manière à me vider complètement.

Le pêcheur : Et bien justement. Quand les pensées sombres portant sur notre situation se manifestent dans notre tête, nous avons tendance à les regarder et à leur donner toute l’importance. C’est comme si nous les laissions prendre les rennes de notre vie. Il faut à ce moment trouver une autre voie. Une des façons d’y accéder, c’est de se ramener à sa respiration, qui elle-même passe par le centre physique. De cette manière, en portant attention à l’air qui entre et qui ressort de notre corps, nous diminuons du même coup l’intensité accordée à ce qui se manifeste dans notre tête. Nous augmentons ainsi la présence à notre centre d’énergie, le ressentons d’abord subtilement et par la suite plus clairement et finalement, intensément. Plus nous y sommes présents, plus son intensité s’élargit à tout notre corps. C’est si simple, mais nous sommes tellement conditionnés à utiliser notre tête pour tout ce qui nous concerne, que nous oublions ce qui est le plus naturel du monde la respiration et la concentration active et ouverte sur celle-ci.

L’homme : Est-ce que cette vitalité ou intensité d’énergie de vie se communique entre les personnes pour s’intervitaliser si on peut dire?

Le pêcheur : Oui. Mais encore faut-il que des ouvertures se créent et qu’elles permettent à cette lumière de vie d’entrer à l’intérieur de l’autre ou à s’échanger entre les personnes. Les états mentaux et la personnalité peuvent créer des blocages ou limiter les échanges énergétiques et l’interluminosité, pour le dire ainsi.

Cette ouverture n’est cependant pas toujours consciente. Même si l’autre n’est pas disposé à saisir l’intensité de nos vibrations, il est possible qu’il ait inconsciemment vibré à la présence de quelque chose. En fait c’est notre propre énergie qui vibre en relation avec l’énergie de la personne devant nous. C’est sa propre vitalité qui reconnaît notre vitalité. Nous avons souvent une expression qui dit : je ne sais pas ce qui se passe, mais en présence de cette personne je me sens énergisé, plus vivant, alors qu’avec certaines autres, je me sens vidé.

L’homme : C’est tout simplement fascinant toute cette dimension de l’énergie vivante! Je ne m’y étais jamais arrêté. J’ai l’impression de découvrir tout un autre monde dans lequel je suis. Formidable, ce fut pour moi une rencontre des plus passionnantes. Je vous en remercie.

La gratitude du vivant et la misère humaine



Alors que le pêcheur se repose d’une longue marche sur un banc de parc, un passant vient pour s’asseoir à ses côtés, mais reste debout quelques instants en fixant une statue chinoise d’un bouddha rieur. Comme pour tenter de créer la conversation, il s’exclame à haute voix avec assurance :

Le passant: Comment peut-il rire de la sorte alors qu’il y a tant de calamité dans le monde, tant de maladies, tant de tristesse et d’amertume en cette vie. Ha! ces Chinois, ils croient à bien des idioties de la sorte. En plus, il a l’air d’avoir de l’argent plein les mains et une foule de riches objets dans son sac à dos. Il peut bien rire, il a tout ce qu’il lui faut. Il ne lui manque que de bons souliers pour ne pas s’écorcher les pieds.

Alors qu’il prend place au côté de l’homme sur le banc, le passant jette un œil amusé à l’autre et lui demande:

Le passant: Savez-vous ce que représente cette statue monsieur ?

Après quelques secondes de réflexion, le pêcheur répond :

Le pêcheur: ce que j’en connais vaguement, c’est qu’elle représente un moine de la Chine ancienne… qui propageait la bienveillance, le bonheur et la plénitude d’un grand cœur. J’ai entendu dire qu’il se promenait et accueillait la tristesse des personnes de ce monde. Je crois que cette statue a été fabriquée et installée à de multiples endroits, car elle permettait aux gens d’inspirer leur vie par les symboles qu’elle représente : la santé, le bonheur, la prospérité et la longévité. Même aujourd’hui, plusieurs placent cette statue ou de petites statuettes dans leur demeure ou à l’extérieur de celles-ci pour favoriser la circulation des bonnes énergies.

Et le passant de répliquer :

Le passant: Et vous, qu’en pensez-vous de toute cette mascarade de joie et du bonheur de cette statue ?

Le pêcheur répond ainsi :

Le pêcheur: je crois que les êtres humains ont certaines croyances auxquelles ils se réfèrent pour égailler leur vie. Afin de la rendre moins terne, ils tentent de remplacer cette perception par des symboles qui leur rappelle l’espoir, la joie et le bonheur possible.

La réaction du passant ne se fait pas attendre :

Le passant: c’est bien beau tout ça, mais ce n’est pas tout le monde qui a le luxe de s’offrir de la joie et du bonheur. Beaucoup vivent dans la souffrance de la guerre ou dans l’inquiétude à savoir s’ils vont être en mesure de manger aujourd’hui et demain. Ça me semble une vision à courte vue de ce que représente la vie de millions, voire de milliards de personnes. Ne me faites pas croire que vous êtes en accord avec tout cela!

En approuvant de la tête aux paroles de son interlocuteur, le pêcheur prend une pause et ajoute :

Le pêcheur: vous avez bien raison, monsieur, beaucoup de personnes vivent des situations misérables que nous ne pouvons même pas imaginer, car nous ne les vivons pas nous-mêmes. Nous pouvons saisir cependant certains indices nous indiquant que la vie est loin d’être drôle pour plusieurs et qu’elle s’avère souvent très difficile.

Je crois que votre point de vue sur les difficultés des gens est très important. Je suis convaincu que nous devons régulièrement porter une attention dans notre cœur à la souffrance des autres. La compassion envers notre prochain devrait personnellement et collectivement nous amener à faire des actions qui visent à soulager leur fardeau.

Le passant: Vous voyez, j’avais bien raison de voir cette statue comme de la foutaise!

Alors que le passant s’apprête à se relever pour s’en retourner chez lui d’un air taciturne, le pêcheur lui demande s’il peut rester encore quelques minutes pour lui permettre de compléter sa réflexion.

L’homme acquiesce et se rassoit.

Le pêcheur continue donc de parler :

Le pêcheur: Bien que je vous accorde raison sur ce que vous m’avez mentionné au sujet de la souffrance des gens, lorsque je regarde cette statue, il me vient aussi une autre impression. Vous savez, cette richesse suggérée par l’argent ou la poche que porte le moine peuvent être vues autrement également. Je n’y vois pas juste une richesse physique des biens de ce monde, mais la richesse de la vie elle-même. Quand vous respirer l’air dans vos poumons, que vous regarder les beautés de la nature, le sourire des gens ou le soleil et les étoiles briller, ceci représente de grandes richesses qui meublent la vie. Ce moine semble dire, regardes tout ce que tu as et souris à la vie, rempli ton cœur de joie et de gratitude pour tout ce qu’elle t’offre.

Constater la misère et les difficultés de la vie ne sont pas opposées à prendre conscience des grandeurs du vivant. Remplir son cœur de cette joie de vivre la vie et le bonheur de s’ouvrir à sa richesse nous permettent d’avoir accès à une grande énergie. Ceci devrait nous permettre d’y voir aussi un peu de lumière. Ce sourire à la vie devrait nous rendre du coup sensibles à toute sa richesse et aussi à toute sa fragilité.

La joie et le bonheur ne devraient pas être des écrans opaques à la souffrance. Nous devrions nous accorder l'ouverture de célébrer la vie. Nous permettre de prendre contact soi-même et en sensibilisant les autres à l’importance de s'ouvrir à une grande attention bienveillante et de lui porter secours lorsque nécessaire. Pour moi, la gratitude envers la vie et la sensibilité à ses besoins sont deux faces d’une même médaille et devraient faire partie de notre quotidien.

Dans un élan pour réagir à ce que le pêcheur vient de lui dire, le passant retient ses paroles et se calme aussitôt. Après quelques instants, les yeux pleins d’eau, il dit à voix basse :

Le passant: Vous savez, toute cette misère dans le monde et autour de moi m’affecte grandement. Je pense à ceci tous les jours et me sens impuissant. J’aimerais tant qu’on y remédie et que tous et toutes puissent avoir accès à cette joie et ce bonheur. C’est pour cela que je m’en suis pris à cette statue. C’est comme si elle me rappelait encore une fois que nous ne sommes pas assez attentifs à cette souffrance. J’y voyais seulement un désir égoïste de chaque personne se retournant sur sa joie et son propre bonheur. J’apprécie beaucoup que vous m’ayez fait part de votre perception. Je vais réfléchir à tout ceci. Merci!

En serrant la main du pêcheur, le passant lui jette un subtil sourire, se lève et poursuit sa route.




L’état d’émerveillement

L’homme : Je vous ai entendu parler de merveilleux à quelques reprises. Pouvez-vous m’en dire plus sur ce que vous entendez par émerv...