vendredi 24 février 2017

Qu’est-ce que l’état de vitalité

L’homme retourna voir le pêcheur pour lui faire part de son exercice soutenu de concentration sur ses activités quotidiennes et en profita pour l’interroger sur la vitalité.

L’homme : L’autre jour, j’étais perturbé par la lassitude, un manque de sens et l’impression de refaire constamment les mêmes choses tous les jours. Suite à notre discussion, j’ai pratiqué à faire porter mon attention de manière un peu plus soutenue sur mes actions. J’ai effectivement découvert qu’elles sont beaucoup plus complexes et nuancées qu’elles me semblaient. Je vous accorde que de voir les choses ainsi, enrichie effectivement mon quotidien et j’ai repris le goût de m’investir dans mes activités.

Je me suis toutefois beaucoup interrogé sur les pertes d’énergie ou de vitalité auxquelles nous avons à faire face à certains moments. Celles-ci me semblent mettre en danger notre manière de voir notre vie et d’y trouver un sens. J’aimerais vous entendre sur ces pertes d’énergie ou de vitalité, est-ce possible?

Le pêcheur : Bien sûr. Cependant je vais aborder les choses différemment. Je vais te répondre en me concentrant sur la vitalité elle-même. Est-ce que tu me le permets?

L’homme : C’est certain. Je suis d’ailleurs bien curieux de voir comment vous allez m’en parler. Je vous écoute!

Le pêcheur : La vitalité est un état qui passe souvent inaperçu. Nous sommes portés à percevoir davantage un état de perte de vitalité ou une perte d’énergie. Celle-ci sera comblée par un moment de repos, un arrêt de travail ou d’activité ou en mangeant des aliments qui nous fournissent l’énergie nécessaire. Pour certaines personnes ces états sont beaucoup plus sérieux et peuvent même entraîner le recours à des aides psychologiques et médicaux.

Il est curieux de constater cependant que nous portons plus facilement notre attention sur quelque chose qui nous manque plutôt que sur ce qui est présent en nous. La perte de vitalité étant ce qui nous manque et la vitalité étant ce que nous avons. Je crois donc que notre état de vitalité gagne à être mieux connu ou à être mieux ressenti.

L’homme : Que voulez-vous dire par ressentir l’état de vitalité ?

Le pêcheur : La vitalité c’est l’état de ressentir dans chacune des cellules de notre corps l’énergie du vivant en nous. Cette perception ne se saisit pas par une interprétation mentale et même pas par les sens. Elle ne se ressent pas non plus par les parties du corps. Elle se ressent en nous alignant et en nous concentrant sur l’énergie qui vibre en nous avec une intensité variable.

Notre centre énergétique se situe au niveau du cœur. Il ne faut pas le chercher dans un seul point physique. C’est comme un halo vibratoire passant à travers notre centre corporel. Il est possible de faire varier l’intensité et l’expansion de ce halo énergétique pour qu’il illumine l’intérieur et toutes les parties de notre corps et tout autour de lui. Cette vibration énergétique et lumineuse est perçue par la concentration ouverte et active et dans une présence attentive à cette énergie vivante.

L’homme : Mais à quoi sert-il donc de se concentrer sur ce halo d’énergie ou de vitalité ?

Le pêcheur : Ceci sert à ressentir le vivant en nous autrement que dans notre tête. Ceci nous permet de vivre avec toute notre intensité d’énergie de vie. Cette attention nous permet aussi de nous recentrer quand l’ensemble de nos problèmes ou de ceux des autres personnes nous assaillent. Nous pouvons ainsi neutraliser et même éliminer les tensions qui se sont cristallisées dans les parties de notre corps. Plutôt que d’être aspirés et vidés par les préoccupations, donc souffrir de pertes énergétiques, nous vibrons de façon intense malgré les circonstances de la vie.

Notre attention n’est plus focalisée sur les pensées, émotions, sentiments et leurs réactions physiques, mais plutôt dans le centre d’énergie vivante.

L’homme : Il m'apparaît difficile d’accéder à ce centre énergétique. Il me semble que lorsque j’ai des problèmes, ils occupent toute ma tête et tout mon univers. C’est comme si ceux-ci tournaient le robinet de mon énergie et de ma vitalité et le laissaient ouvert de manière à me vider complètement.

Le pêcheur : Et bien justement. Quand les pensées sombres portant sur notre situation se manifestent dans notre tête, nous avons tendance à les regarder et à leur donner toute l’importance. C’est comme si nous les laissions prendre les rennes de notre vie. Il faut à ce moment trouver une autre voie. Une des façons d’y accéder, c’est de se ramener à sa respiration, qui elle-même passe par le centre physique. De cette manière, en portant attention à l’air qui entre et qui ressort de notre corps, nous diminuons du même coup l’intensité accordée à ce qui se manifeste dans notre tête. Nous augmentons ainsi la présence à notre centre d’énergie, le ressentons d’abord subtilement et par la suite plus clairement et finalement, intensément. Plus nous y sommes présents, plus son intensité s’élargit à tout notre corps. C’est si simple, mais nous sommes tellement conditionnés à utiliser notre tête pour tout ce qui nous concerne, que nous oublions ce qui est le plus naturel du monde la respiration et la concentration active et ouverte sur celle-ci.

L’homme : Est-ce que cette vitalité ou intensité d’énergie de vie se communique entre les personnes pour s’intervitaliser si on peut dire?

Le pêcheur : Oui. Mais encore faut-il que des ouvertures se créent et qu’elles permettent à cette lumière de vie d’entrer à l’intérieur de l’autre ou à s’échanger entre les personnes. Les états mentaux et la personnalité peuvent créer des blocages ou limiter les échanges énergétiques et l’interluminosité, pour le dire ainsi.

Cette ouverture n’est cependant pas toujours consciente. Même si l’autre n’est pas disposé à saisir l’intensité de nos vibrations, il est possible qu’il ait inconsciemment vibré à la présence de quelque chose. En fait c’est notre propre énergie qui vibre en relation avec l’énergie de la personne devant nous. C’est sa propre vitalité qui reconnaît notre vitalité. Nous avons souvent une expression qui dit : je ne sais pas ce qui se passe, mais en présence de cette personne je me sens énergisé, plus vivant, alors qu’avec certaines autres, je me sens vidé.

L’homme : C’est tout simplement fascinant toute cette dimension de l’énergie vivante! Je ne m’y étais jamais arrêté. J’ai l’impression de découvrir tout un autre monde dans lequel je suis.

Le pêcheur : Tu n’es pas le seul à t’éveiller à cette dimension de ton existence. L’être humain commence à peine à découvrir le monde des énergies du vivant. Ceci est dû à l’étape d’un long processus qui a tenu l’humanité focalisée sur les mécanismes mentaux et les comportements métaphysiques, spirituels et par la suite rationnels. C’est une période qui perdure depuis plusieurs centaines d’années reproduites par des conditionnements et des autoconditionnements binaires du bien et du mal, du beau et du laid, de l’explicable et l’inexplicable, le démontrable ou le non démontrable. Tout passe alors par la tête et bien peu par le ressenti énergisant du vivant. Il en va ainsi des perceptions de nos problèmes et des problèmes des personnes qui nous entourent.

L’homme : Je ne veux pas trop vous prendre de votre temps, est-ce que vous pouvez me dire pour terminer cette discussion d’aujourd’hui, si ceci a des répercussions à l’échelle de la planète?

Le pêcheur : Oui, il en va ainsi. Cette étape actuelle planétaire est limitative, car oui d’une part elle entraîne la mise en place de mouvements créateurs, mais en même temps d’autres mouvements destructeurs. La peur, l’angoisse, le stress et plein d’états dépressifs et comme tu le disais des pertes énergétiques et de vitalité.

L’homme : Est-ce qu’il y a au moins de l’espoir pour passer à la prochaine étape? Et d’après vous quelle est-elle?   

Le pêcheur : Juste le fait d’avoir cette discussion aujourd’hui me prouve qu’elle est en train de se mettre en place. Je crois que l’étape suivante est celle de la découverte de l’énergie vivante et de toute la puissance créative qui l’accompagne. C’est une prise de conscience graduelle des états lumineux devrait ouvrir sur une expansion énergétique. Ceci sera possible, seulement si l’humanité est ouverte à cette orientation. Sinon elle continuera à se débattre dans les méandres du monde perçu, dans l’illusion du vivant et de sa vitalité.

L’homme : formidable, ce fut pour moi une rencontre des plus passionnantes. Je vous en remercie.

La gratitude du vivant et la misère humaine



Alors que le pêcheur se repose d’une longue marche sur un banc de parc, un passant vient pour s’asseoir à ses côtés, mais reste debout quelques instants en fixant une statue chinoise d’un bouddha rieur. Comme pour tenter de créer la conversation, il s’exclame à haute voix avec assurance :

Comment peut-il rire de la sorte alors qu’il y a tant de calamité dans le monde, tant de maladies, tant de tristesse et d’amertume en cette vie. Ha! ces Chinois, ils croient à bien des idioties de la sorte. En plus, il a l’air d’avoir de l’argent plein les mains et une foule de riches objets dans son sac à dos. Il peut bien rire, il a tout ce qu’il lui faut. Il ne lui manque que de bons souliers pour ne pas s’écorcher les pieds.

Alors qu’il prend place au côté de l’homme sur le banc, le passant jette un œil amusé à l’autre et lui demande:

Savez-vous ce que représente cette statue monsieur ?

Après quelques secondes de réflexion, le pêcheur répond : ce que j’en connais vaguement, c’est qu’elle représente un moine de la Chine ancienne… qui propageait la bienveillance, le bonheur et la plénitude d’un grand cœur. J’ai entendu dire qu’il se promenait et accueillait la tristesse des personnes de ce monde. Je crois que cette statue a été fabriquée et installée à de multiples endroits, car elle permettait aux gens d’inspirer leur vie par les symboles qu’elle représente : la santé, le bonheur, la prospérité et la longévité. Même aujourd’hui, plusieurs placent cette statue ou de petites statuettes dans leur demeure ou à l’extérieur de celles-ci pour favoriser la circulation des bonnes énergies.

Et le passant de répliquer : Et vous, qu’en pensez-vous de toute cette mascarade de joie et du bonheur de cette statue ?

Le pêcheur répond ainsi : je crois que les êtres humains ont certaines croyances auxquelles ils se réfèrent pour égailler leur vie. Afin de la rendre moins terne, ils tentent de remplacer cette perception par des symboles qui leur rappelle l’espoir, la joie et le bonheur possible.

La réaction du passant ne se fait pas attendre : c’est bien beau tout ça, mais ce n’est pas tout le monde qui a le luxe de s’offrir de la joie et du bonheur. Beaucoup vivent dans la souffrance de la guerre ou dans l’inquiétude à savoir s’ils vont être en mesure de manger aujourd’hui et demain. Ça me semble une vision à courte vue de ce que représente la vie de millions, voire de milliards de personnes. Ne me faites pas croire que vous êtes en accord avec tout cela!

En approuvant de la tête aux paroles de son interlocuteur, le pêcheur prend une pause et ajoute : vous avez bien raison, monsieur, beaucoup de personnes vivent des situations misérables que nous ne pouvons même pas imaginer, car nous ne les vivons pas nous-mêmes. Nous pouvons saisir cependant certains indices nous indiquant que la vie est loin d’être drôle pour plusieurs et qu’elle s’avère souvent très difficile.

Je crois que votre point de vue sur les difficultés des gens est très important. Je suis convaincu que nous devons régulièrement porter une attention dans notre cœur à la souffrance des autres. La compassion envers notre prochain devrait personnellement et collectivement nous amener à faire des actions qui visent à soulager leur fardeau.

Vous voyez, j’avais bien raison de voir cette statue comme de la foutaise!

Alors que le passant s’apprête à se relever pour s’en retourner chez lui d’un air taciturne, le pêcheur lui demande s’il peut rester encore quelques minutes pour lui permettre de compléter sa réflexion.

L’homme acquiesce et se rassoit.

Le pêcheur continue donc de parler : Bien que je vous accorde raison sur ce que vous m’avez mentionné au sujet de la souffrance des gens, lorsque je regarde cette statue, il me vient aussi une autre impression. Vous savez, cette richesse suggérée par l’argent ou la poche que porte le moine peuvent être vues autrement également. Je n’y vois pas juste une richesse physique des biens de ce monde, mais la richesse de la vie elle-même. Quand vous respirer l’air dans vos poumons, que vous regarder les beautés de la nature, le sourire des gens ou le soleil et les étoiles briller, ceci représente de grandes richesses qui meublent la vie. Ce moine semble dire, regardes tout ce que tu as et souris à la vie, rempli ton cœur de joie et de gratitude pour tout ce qu’elle t’offre.

Constater la misère et les difficultés de la vie ne sont pas opposées à prendre conscience des grandeurs du vivant. Remplir son cœur de cette joie de vivre la vie et le bonheur de s’ouvrir à sa richesse nous permettent d’avoir accès à une grande énergie. Ceci devrait nous permettre d’y voir aussi un peu de lumière. Ce sourire à la vie devrait nous rendre du coup sensibles à toute sa richesse et aussi à toute sa fragilité. La joie et le bonheur ne devraient pas être des écrans opaques à la souffrance. Nous devrions nous accorder l'ouverture de célébrer la vie. Nous permettre de prendre contact soi-même et en sensibilisant les autres à l’importance de s'ouvrir à une grande attention bienveillante et de lui porter secours lorsque nécessaire. Pour moi, la gratitude envers la vie et la sensibilité à ses besoins sont deux faces d’une même médaille et devraient faire partie de notre quotidien.

Dans un élan pour réagir à ce que le pêcheur vient de lui dire, le passant retient ses paroles et se calme aussitôt. Après quelques instants, les yeux pleins d’eau, il dit à voix basse :

Vous savez, toute cette misère dans le monde et autour de moi m’affecte grandement. Je pense à ceci tous les jours et me sens impuissant. J’aimerais tant qu’on y remédie et que tous et toutes puissent avoir accès à cette joie et ce bonheur. C’est pour cela que je m’en suis pris à cette statue. C’est comme si elle me rappelait encore une fois que nous ne sommes pas assez attentifs à cette souffrance. J’y voyais seulement un désir égoïste de chaque personne se retournant sur sa joie et son propre bonheur. J’apprécie beaucoup que vous m’ayez fait part de votre perception. Je vais réfléchir à tout ceci. Merci!

En serrant la main du pêcheur, le passant lui jette un subtil sourire, se lève et poursuit sa route.




samedi 18 février 2017

La présence de ceux et celles qui nous quittent


Regardant les remous sur les flots, le pêcheur se mit à être attentif aux pensées de nostalgie qui se mirent doucement à se manifester en lui. Il se vit, petit enfant, la tête penchée, regardant un papillon reposant sur une fleur de chrysanthème. Il avait  interrogé son père sur les raisons des couleurs et des formes qu’il voyait sur les ailes de ce petit être fragile. Son paternel lui avait expliqué que cette beauté avait été créée par la pointe du pinceau de la Vie et dessinée par l’Être suprême. Son père lui avait relevé le menton tendrement et lui avait dit qu’il en était ainsi des milliards de couleurs et de formes dans les champs et les forêts des alentours. Quel beau moment se dit-il, une larme perlant sur sa joue. Il se souvient qu’ensuite, il était allé expliquer à sa mère ce qu’il venait d’apprendre. Celle-ci lui avait esquissé un tendre sourire et, en regardant son époux les rejoindre, elle se précipita pour les serrer tous deux dans ses bras.

À ce doux souvenir, le pêcheur fut ramené dans sa mémoire à la brusque réalité, quand un an plus tard, son oncle était venu le rencontré dans l’arrière-cour de la maison. Il avait appris au jeune garçon que ses parents ne reviendraient plus, car ils avaient perdu la vie dans un accident de voiture. En réaction à ce choc, il avait simplement répondu à son oncle que ses parents pourraient maintenant regarder peindre le Tout Puissant.

Sortant à peine de ces souvenirs et de ces émotions, le pêcheur constata que ses parents lui manquaient beaucoup. Il se mit à se questionner sur l’endroit où ils pouvaient bien être.

Est-ce qu’ils sont dans un paradis, un endroit lumineux où il fait bon de vivre ? Est-ce qu’ils me voient et m’entendent ? Est-ce que je les retrouverai un jour quand viendra le temps de quitter ce monde ? Hélas, je n’ai pas de réponse à toutes ces questions. Il y a bien plusieurs personnes qui partagent des croyances sur la vie après la vie et l’au-delà. Mais je n’ai jamais eu de preuve moi-même sur ce qui nous attend après la vie.

Comment faire alors pour vivre sans être constamment triste de ne plus voir ou toucher ceux et celles que nous avons tant aimés ?

En se ramenant calmement à sa respiration, il plongea en lui-même. Les pensées et les émotions firent place à la paix intérieure. Il se replaça au cœur de son ressenti et fut témoin des mêmes vibrations de présence que lorsqu’il était avec ses parents. Il constata que leur présence était bien vivante dans toutes les cellules de son corps. Il constata :

Je les porte donc en moi! Ils sont bel et bien vivants puisque je peux ressentir leurs vibrations et leur amour. Pendant toutes ces années, j’ai pourtant cru à tort que j’étais seul, orphelin, couper de leur présence. Père et mère, je vous aime! Dorénavant vous serez toujours là à faire partie de mon existence vivante.
 



 

Chaque journée est une nouvelle naissance


Et l’homme vient s’assoir sur une roche, face à la mer, près du pêcheur. Après un long moment de silence, il laisse entendre une expiration de lassitude.

Le pêcheur : Est-ce que quelque chose ne va pas ?

L’homme ne répond pas. Son regard se perd au loin, mais son attention semble être attirée par les mouvements dans sa tête. Et puis il dit :

J’ai l’impression que ma vie fait du sur place, que chaque jour est pareil à celui qui le précède. La routine m’assaille et je ne vois pas comment tout ça vaut la peine d’être vécu. J’ai le mal à l’âme !

Le pêcheur : Qu’est-ce qui te fait dire que chaque jour est pareil à l’autre ?

L’homme : Lorsque j’ouvre les yeux, je me lève, vais me brosser les dents, prends ma douche, déjeune, me rends au travail, passe ma journée à bosser, reviens pour faire le souper et mange, m’occupe des devoirs des enfants, prends quelques minutes pour écouter la télévision et finalement, je vais me coucher. Je fais tout ceci de la même manière tous les jours.

J’ai le sentiment que je suis dans une roue de hamster qui tourne constamment et qui ne va nulle part. Je débarque de cette roue quelques fois la fin de semaine ou dans les temps de vacances, mais embarque à nouveau aussitôt que la routine revient. Je crois que ma vie ne va nulle part.

Le pêcheur : Veux-tu qu’on regarde ta situation de plus près ensemble ?

L’homme : J’ai fait le tour… mais si tu penses que nous pouvons trouver une solution pour me sortir de ce bourbier, je suis bien ouvert à en discuter.

Le pêcheur : Prenons un exemple très simple que tu as mentionné. Lorsque tu te brosses les dents, est-ce que c’est toujours la même quantité de dentifrice que tu mets sur ta brosse à dents ? Est-ce que ce sont toujours les mêmes pensées que tu vois passer en toi à ce moment précis ? Est-ce que tu prends conscience des mouvements de cette brosse dans ta bouche, de la saveur de la pâte dentifrice, de ressentir l’effet de fraîcheur qui résulte d’un bon brossage ? Prends-tu attention à tous les mouvements qui sont nécessaires pour effectuer cette simple tâche ? Il en va de même de toutes les autres tâches qui meublent ta journée.

L’homme : Bien, c’est sûr que non. Je n’ai pas de temps à perdre, car je dois me rendre au travail et puis faire toutes les autres tâches de cette vie de routine.

Le pêcheur : Je t’invite à regarder tout ceci d’un autre angle. Je ne te dis pas de prendre plus de temps pour réaliser cette tâche. Ce que je veux te faire voir c’est plutôt de prendre une plus grande attention à ce que tu fais. En fait, cette tâche va prendre exactement le même temps. C’est à la profondeur de la conscience de cette action comme de toutes les autres que je te convie. À une pleine présence de ce qui se manifeste.

L’homme : Tu crois que si j’apporte une plus grande conscience à ce que je fais, ceci va me donner plus de joie de vivre, plus de raisons de faire toutes ces actions. Même si elles m’apparaissent se répéter.

Le pêcheur : Aucune action n’est jamais exactement la même. Une multitude de nuances accompagnent chacune de celles-ci. Si elles nous apparaissent semblables ou pareilles, c’est que nous les interprétons en catégories d’actes, nous les résumons avec notre pensée en disant qu’elles ne varient pas. C’est une simplification illusoire de notre vie.

Chaque acte, chaque pensée, chaque émotion, chaque sentiment ne sont jamais exactement les mêmes. C’est lorsque nous nous plaçons dans une pleine attention que nous en découvrons toute la richesse. Regarde un chat jouer avec une balle. Il ne dit pas : ah, c’est toujours la même routine de jouer avec cette balle! Il est pleinement dans l’acte qu’il effectue. Regarde un bébé découvrir les mouvements d’un mobile tournant au-dessus de son lit, n’est-il pas pleinement attentif et en découverte de cet objet. Il n’a pas résumé sa vie en disant, le mobile tourne toujours de la même façon, ma vie n’a aucun sens.

L’homme : Ça m’apparaît une explication assez simpliste.

Le pêcheur : C’est peut-être assez simpliste comme tu le dis. Ce qui m’apparaît simpliste pour ma part, c’est de voir les actes de notre vie comme de simples répétitions sans saveur. Je crois que l’intensité de la vie n’est pas à découvrir par les résumés que nous en faisons. Je crois plutôt qu’elle se manifeste par la redécouverte à tous les jours de tous les gestes que nous réalisons grâce à une plus grande attention envers ceux-ci.

Si tu veux, je te suggère d’essayer pour le prochain jour ou la prochaine semaine de porter une plus grande attention à tout ce que tu fais. À faire comme si chaque journée était une nouvelle naissance et comme lorsque tu étais jeune, redécouvrir ce qui meuble ton quotidien. Peut-être prendras-tu acte de toute la vitalité qui s’en dégage. 

L’homme : Je ne perds rien à essayer! Au point où j’en suis! Merci tout de même!

Et l’homme s’en retourne chez lui, sans être très convaincu, mais quelque peu curieux de ce qui peut bien en ressortir.

jeudi 26 janvier 2017

La vie te parle...sais-tu l'entendre ?

La vie sait ce que ta tête ne sait pas. Mais sois certain-ne qu'elle parle suffisamment fort dans ton coeur pour tu finisses par l'entendre.

J'ai composé cette phrase pour te permettre de prendre un temps d'arrêt. Pour te permettre d'être attentif-ve non pas seulement aux mots de cette phrase, mais surtout aux vibrations de ton coeur. Quand tu te questionneras sur la direction à prendre dans ta vie, quand tu seras à la recherche de ce que tu voudrais faire, de ce qui a vraiment du sens pour toi, fais le calme autour de toi et en toi, lis cette phrase et centre toi sur ce que ton coeur te dit. 

La vie va te parler avec Amour, Tendresse et Respect. Elle va te révéler les merveilleux messages de ce qui te fais le plus fortement vibrer et ce qui peut te rendre heureux-se. Tout ceci, tu ne le trouveras pas en regardant à l'extérieur de toi, mais en t'adressant directement au centre de toi-même, à ce qui te rends le plus vivant. Alors tu sauras que tes prochains pas seront imprégnés de ce que tu es.

 

samedi 21 janvier 2017

Mettre la patience au cœur de sa vie

Les réactions conditionnées ou autoconditionnées d’impatience sont rattachées à nos attentes et nos besoins non comblés. Quand les choses ne vont pas comme nous nous l’attendons, nous réagissons parfois avec soupir, légère tension ou encore avec violence envers soi ou envers les autres. Nous utilisons souvent la comparaison entre ce que l’autre dit ou fait et ce que nous croyons dire ou faire de mieux que lui. Nous vivons constamment dans cette dualité de ce qui devrait être.

Quand il y a une rupture entre ce que nous aimerions qui soit et ce qui est réellement, nous réagissons. Bref, nous sommes constamment en réaction. Une réaction est une action opposée à une autre. Nous nous opposons aux actions des autres qui ne font pas notre affaire. Cette opposition génère de l’énergie qui n’est pas toujours positive ou nourrissante. Elle fait souvent naître des actions chargées de soucis ou d’insatisfactions.

Devons-nous alors être impassibles, immobiles, sans vie, sans saveur devant ce qui se présente dans notre vie? Pour plusieurs, l’impatience est une réaction normale et tout à fait humaine. Pour d’autres, il est impossible de vivre sans nos réactions d’impatience. Ils y voient même des réactions qui peuvent faire avancer les choses et à cet égard, elles sont pour eux, tout à fait positives. Dans ce sens, certains diront : nous ne pouvons pas permettre à la réalité de s’imposer toujours et de toutes les façons! Il est important que nous ayons des jugements sur les choses, que nous nous positionnons, que nous affirmons qui nous sommes face aux événements et aux actions des autres! N’est-ce pas de cette façon que nous témoignons de notre personnalité, de ce qui nous caractérise, de ce qui fait notre individualité en affirmation ?

Le problème n’est pas de réagir ou d’avoir des réactions d’impatience à certains moments. De toute façon, nous allons continuer à réagir à notre environnement interne ou externe, c’est le propre de nos mécanismes mentaux intégrés de longue date. Il y a problème quand nous vivons dans l’impatience au quotidien. Quand tout devient sombre et quand nous ne sommes jamais contents de ce qui est. Quand l’impatience devient nuisible à nous ou aux autres et qu’il s’en suit un vidage d’énergies et de vitalité.

Plutôt que d’être en réaction normale de temps à autre, l’impatience peut devenir un mode de vie, une attitude qui nie ou rejette sans cesse la réalité, en lutte continuelle. Elle peut devenir un trait de notre personnalité qui se manifeste autant quand nous sommes seuls que lorsque nous sommes en relation avec autrui. Elle peut devenir un véritable poison qui coule dans nos veines. Elle peut gruger petit à petit et assombrir notre joie de vivre et nuire grandement dans nos relations avec les autres personnes que nous croisons.

Nous pouvons penser que l’impatience est une force qui nous fait réagir avec énergie. Elle s’avère toutefois souvent une faiblesse devant les événements. Elle se nourrit d’actes précipités, d’anxiété, de stress et nous entraîne dans des sentiers émotionnels et physiques destructeurs. Qui n’a jamais entendu parler de la rage au volant causée par des réactions d’impatiences. Les conséquences peuvent se limiter à des klaxonnements, des cris, mais elle peut aussi entraîner des malaises aux autres occupants, des bagarres et même des accidents. Combien de relations amoureuses, d’amitié ou familiales ont été affectées, sinon ruinées par ces manifestations d’actes d’impatience.

Nous le savons, le contraire de l’impatience est la patience. Quelle est donc cette patience ? Nous pouvons dire que la patience est d’abord une tolérance à ce qui est et l’acception de ce qui se présente à soi. La patience est la résonnance du calme intérieur. Le calme n’est jamais réactif par rapport à des manifestations internes ou externes. Le calme intérieur regarde ou prend acte de ce qui est et de ce qui se manifeste.

Nous avons deux attitudes possibles face à ce qui se présente : soit y réagir par abandon, impuissance et impatience ou plutôt avoir une attitude de patience active. Nos réactions d’abandon à ce qui est viennent parfois de la non-acceptation ou de la perception que ce qui se manifeste est trop difficile à envisager ou à surmonter. Tout ceci nous apparaît être trop éloigné par rapport à ce que nous aimerions ou voudrions qui soit. Par l’abandon et le sentiment d’impuissance, nous cédons et devenons les victimes de ce qui se manifeste. Par l’impatience, nous ressentons un sentiment d’agression et devenons intolérants à ce qui se présente. Nous réagissons ainsi à partir de l’état émotif qui se crée et les actions qui s’en suivent sont dominées par cet état.

Par contre, l’attitude de patience active est un positionnement qui prend d’abord acte de ce qui est, mais sans tension. Nous pouvons considérer les faits pour ce qu’ils sont simplement. Par exemple, la voiture en avant de moi roule à une vitesse très lente. Nous pouvons du même coup considérer les réactions de pensées et d’émotions qui émergent en nous. Par exemple : je vais être en retard, pourquoi il ne roule pas plus vite, ça m’agresse, je vais lui klaxonner, etc. Comme nous voyons ces idées se manifester et la colère monter graduellement, nous pouvons prendre un temps d’arrêt et éviter d’entrer dans la spirale d’actions impatientes. Quelques questions pourraient venir relativiser la situation :

  • et si la personne devant moi était une personne âgée dont les facultés sont un peu diminuées ? Ne serais-je pas âgé moi aussi dans le futur ?
  • et si la personne vivait une situation de couple difficile ou en rupture et qu’elle était inattentive à sa vitesse, car trop prise par les tourments ou la tristesse qui l’assaillent ?
  • et si la personne avait des problèmes financiers ou avec son travail et qu’elle était distraite par tout ce qui la perturbe présentement ?
  • et si la personne commençait à conduire et qu’elle était un peu nerveuse d’aller plus vite ?
  • et si la personne était tout simplement inattentive comme cela peut m’arriver à moi à certains moments ?

Cet exemple porte sur la circulation, mais je vous laisse faire l’inventaire des situations ou des actes provenant des autres personnes provoquant en vous des états d’impatience.

Je terminerai en disant que nous ne pouvons pas changer tout ce qui se manifeste dans notre vie. Nous n’avons pas le contrôle sur tout ce qui se présente. Là où nous avons le contrôle, c’est dans notre choix de perdurer dans nos attitudes d’impatience ou plutôt de mobiliser la patience au cœur de notre vie. Nous avons le pouvoir de désamorcer ces réactions impatientes avant qu’elles prennent la forme d’actes autodestructeurs ou hétérodestructeurs.

La patience du calme intérieur est une pleine ouverture à ce qui se présente. Sans jugement, sans séparation, sans opposition. Nous laissons au manifeste sa pleine liberté de se dire et nous retrouvons en même temps notre propre liberté. Cette liberté du non-attachement au jugement sur ce qui est et de ses effets pernicieux. Vive dans la patience nous ouvre les portes du cœur, car ceci permet aux choses, aux événements et aux personnes d’être ce qu’elles sont et à nous d’être plus pleinement vivant.





Réaliser que j’ai un parcours de vie unique


J’ai des goûts qui m’appartiennent. J’ai une histoire de vie qui est particulière à moi-même. Il n’y a personne qui a vécu cette histoire qui est la mienne. J’ai la voie qui s’est tracée durant ma vie, celle que je trace et celle que je tracerai. Je suis porteur de cette histoire que m’est tout à fait personnelle. Qui a eu ses bons moments et ses mauvais moments, ses bons choix comme ses moins bons, ses bonnes conséquences comme ses moins bonnes. Tout ceci fait partie de mon bagage de vie, de mes expériences et de mes apprentissages.

Je suis le témoin de cette route unique de vie. Nous aurons beau interpréter ma vie de toutes les manières possibles, je suis le seul à avoir ce vécu. Ceci est très important à saisir, car ça me permet de faire la paix et être en harmonie avec ce que j’ai vécu. Plutôt que de me positionner en résistance et mobiliser toutes sortes de pensées négatives ou positives au sujet de ma vie, je laisse place à la reconnaissance, au retour sur mes choix, à l’acceptation et au pardon à moi-même et aux autres. Ainsi, je ne nourris plus dans ma tête de perturbations à mon sujet.

La reconnaissance, le retour sur mes choix, l’acceptation de mon vécu et le pardon permettent un adoucissement et même un relâchement des tensions qui peuvent survenir en moi. La reconnaissance est l’action de voir ce qui a été fait et de percevoir certaines conséquences qui en ont résulté. Mes choix se sont faits sans toujours avoir conscience des impacts de ceux-ci ou par ignorance de ma part. Parfois, ils se sont fait par faiblesse ou en suivant des pensées et des désirs égotiques constructifs ou nuisibles aux autres et certaines fois à moi-même. Les choix actuels devraient tenir compte des apprentissages qui, avec la distance, me permettent de faire ou ne pas refaire certains choix déjà réalisés. Par l’acceptation, je prends acte de ce qui a été fait et ne résiste plus à nier ou à justifier par toutes sortes de faux fuyants qu’ils se sont réellement produits. Je laisse ainsi tomber tout attachement tensionnel négatif envers ceux-ci. Finalement, le pardon est une demande qui peut être faite (en soi-même ou en présence avec l’autre) à celui ou celle qui a été affecté par nos actions. Nous demandons à l’autre de tenir compte que nous sommes au fait du tort que nous lui avons causé et que nous sommes navrés d’avoir faits ces actions. C’est également un pardon envers nous-mêmes d’avoir agi dans une mauvaise direction, d’avoir créé ces perturbations en nous et nous nous engageons à ne plus répéter ces actes.

Une fois cette séquence réalisée, je laisse maintenant place au flot de mes énergies vitales se déployer sans blocages mentaux, émotionnels et physiques. J’agis directement pour faire diminuer la redondance des pensées nuisibles qui paralysent mes actions actuelles et celles qui vont se produire par la suite. C’est un grand ménage énergétique qui en résulte.

Mon parcours de vie se crée aussi par les choix que je fais maintenant et que je ferai par la suite. Mes choix de vie se réalisent en tenant compte de mes aspirations, de ce que je crois être bon pour moi et pour les personnes que je croise sur mon chemin. Ils se déploient en lien avec les opportunités et les contraintes que je rencontre. Ils sont uniques, car personne ne fait face aux mêmes réalités que les miennes. Je prends mes décisions à travers le continuum qui fait partie de mon chemin de vie. Je ne suis pas comme les autres, je n’ai pas les mêmes pensées, sentiments et émotions qui m’habitent, car je suis différent et j’ai une vie différente. Plutôt que de me fondre dans la masse et d’essayer de me dire qu’il faut que j’adopte mes comportements toujours en fonction de ce qui fait du sens pour la vie des autres, je dois tenir compte de tout ce qui caractérise la particularité de mon parcours de vie qui m’est unique. Certes, je peux prendre les suggestions et idées des autres et respecter les exigences des normes et des valeurs de ma société, car je ne suis pas seul, mais je vis en relations. Cependant, je ne dois pas nier pour autant les particularités qui rendent mon parcours de vie unique.

Si je réalise que mon parcours de vie est unique, cela veut dire que je peux vivre pleinement ma propre vie avec mes choix et mes décisions. Je peux me permettre d’être plus attentif à ce qui me fait de la peine, ce qui me fait rire, ce qui m’éblouit, ce qui me stimule, ce que je veux exprimer et réaliser. Je peux arrêter d’effectuer toutes ces choses en fonction de plaire aux gens en me niant moi-même. Je peux enfin m’exprimer au grand jour. Réaliser l’unicité de son parcours, c’est se permettre de reprendre sa place au centre de sa propre vie.