mercredi 4 janvier 2017

Renaître de son mental


Le mental est très subtil et en même temps, il possède un pouvoir envahissant. Il peut en arriver à prendre toute la place. En fait, il prend la place que nous voulons bien lui donner. Le problème c’est que nous nous rendons rarement compte qu’il s’est installé confortablement en nous et que nous lui avons cédé le volant de notre vie. Ce qui nous arrive dans la vie : succès, échecs, deuils, problèmes économiques ou de santé, se trouvent très souvent pris dans le filet de nos interprétations, de nos explications et de nos réactions descriptives élaborées par nos mécanismes mentaux. De plus, aussitôt que le filtre mental se déploie, les réactions émotives se manifestent et nous entraînent dans toutes sortes de courants ou tensions énergétiques. Celles-ci peuvent sembler nous vivifier à certains moments, mais dans d’autre, elles nous épuisent. Dans le pire des cas, nous pouvons vivre un véritable vidage de nos énergies vitales. Les conséquences les plus négatives peuvent se manifester par des phases dépressives, la perte de sens, le sentiment de vide intérieur et même le suicide pour certaines personnes. Les peurs et angoisses incontrôlées, les anticipations de toutes sortes, les raisonnements criblés d’erreurs et de pensées infondées, sont souvent le lot de nos mécanismes mentaux.

Cette machine mentale qui s’actualise par les descriptions et les jugements sur ce que nous vivons et sur ce à quoi nous avons à faire face est cependant très utile à plusieurs occasions. Elle nous permet de mobiliser les ressources nécessaires en contexte de menace ou pour faire de multiples choix fonctionnels au quotidien. Mais elle possède aussi un côté beaucoup plus sombre qui peut se dérégler à tout moment.

Bien que plusieurs croient être identifiés à leurs mécanismes mentaux (ils pensent être ce qu’ils pensent, ce qu’ils jugent, ce qu’ils comprennent ou interprètent), ils sont cependant séparés de leur mental sans le savoir. Le fait de ne pas être conscient de cette séparation (qui est pourtant là) fait en sorte qu’ils se retrouvent ballottés par le mental qui s’est incarné en eux comme un maître du logis. Notre joie intérieure est disponible en tout temps, mais elle est obscurcie par le mur du mental et par les réactions émotionnelles et corporelles qui lui sont rattachées.

Renaître de son mental se réalise toutes les fois que nous prenons conscience de la présence de ces mécanismes mentaux et du même coup, nous restons centrés dans l’énergie vivante qui nous nourrit. Renaître, car oui nous naissons au moment de prendre vie sur cette terre, mais nous mourrons constamment à cette énergie vivante à toutes les fois que nous nous laissons entraîner dans le flot des conditionnements et autoconditionnements mentaux. Nous croyons être en vie, mais nous sommes à l’ombre de nous-mêmes, à l’ombre de nos mécanismes mentaux.

Renaître, c’est faire l’effort de sortir d’une dimension pour entrer dans une autre. Comme nous mourrons à l’emprise du mental, nous renaissons à nous-mêmes, à l’énergie de notre vie. Il est essentiel de faire cette renaissance pour éviter de vivre comme des zombies marchant sans arrêt dans diverses directions imposées par le mental. Oui les mécanismes mentaux sont une composante de l’être humain, mais celui-ci doit reprendre Sa place et redonner au mental la place qui lui revient sans tomber sous sa dépendance et sans en devenir son esclave.

La vraie saveur de la vie, les vraies couleurs et les vraies sensations sont dépourvues de toutes références interprétées par le mental. Le contact direct sans filtre permet d’avoir accès à ce qui nourrit véritablement l’âme. Tel un bébé prenant directement contact avec ce qui l’entoure, nous pouvons renaître à chaque instant. Nous pouvons ainsi prendre place au merveilleux buffet de la vie et avoir accès à la plénitude et à la générosité du vivant.





Je suis derrière les illusions



L’homme s’adresse à nouveau au pêcheur : Que fais-tu ?

Le pêcheur : Je regarde ce qui bouge en moi !

L’homme : Que veux-tu dire ce qui bouge ?

Le pêcheur : Tout ce mouvement…tous ces mots pêle-mêle…tout ce qui tente de me faire peur de dangers qui n’existent pas…tout ce vacarme de pensées… Ne vois-tu pas tout ceci qui bouge en toi ?

L’homme : Attends…ouais, je perçois bien quelques idées…est-ce que c’est de ça qu’il est question ?

Le pêcheur : Oui oui…mais en plus, est-ce que tu ressens les vibrations de ces idées ?

L’homme : …on dirait que lorsque je pense à mon futur, à ma mort par exemple, je ressens une boule dans le ventre…attends…j’ai beaucoup d’autres idées qui viennent...et bien c’est...attends, attends…j’ai de plus en plus peur…j’ai de la misère à respirer…je n’arrive plus à t’écouter, je suis trop préoccupé à ce qui se passe dans ma tête. J’ai toutes les mains moites, j’ai le souffle court…j’aurais envie de me sauver de ce que ça provoque en moi…que dois-je faire…s’il vous plait…aide-moi, aide-moi, je t’en prie…je n’en peux plus…

Le pêcheur : Écoute, écoute, calme-toi…dis-moi, qui vit toutes ces choses en toi ?

L’homme : Que veux-tu dire ?

Le pêcheur : Qui perçoit ces idées sur le futur ?

L’homme : Et bien, c’est moi !

Le pêcheur : Lorsque tu dis c’est moi, est-ce que celui qui parle est différent de toutes ces idées qui se manifestent ?

L’homme : Attends…oui…je crois que oui…ce ne sont que des idées qui vont et qui viennent…je les vois arriver et partir…je crois que je suis différent de ces idées…

Le pêcheur : Lorsque que tu dis c’est moi, est-ce que celui qui parle est différent des émotions de peurs et d’angoisses qui se manifestent ?

L’homme : Attends…oui…et même les sueurs sur mon front sont différentes de qui les constatent.

Le pêcheur : Tu vois, toutes ces manifestations dans ta tête, ce sont des illusions !

L’homme : Tu veux dire que je me suis affolé pour absolument rien ? Que tout ceci est un scénario…comme un film qui se joue dans ma tête ?

Le pêcheur : Oui…et ceci se manifeste ainsi depuis déjà plusieurs années, et aussi à tout moment.

L’homme : Au secours ! Je suis piégé par toutes ces illusions…est-ce qu’il y a un moyen de me sortir de cette folie…de tout ceci qui passe et repasse sans cesse dans ma tête et qui m’affecte dans les émotions et sentiments que je ressens, jusque dans mon corps qui en expose les effets ?

Le pêcheur : Qu’en penses-tu … en percevant que tu n’es pas ces idées, ces pensées et ces émotions, tu peux ainsi t’en détacher… À partir de maintenant, ta vie vient de changer, car tu peux séparer ce qui est ta vraie nature, de celle illusoire dans laquelle tu étais piégée. Tu peux faire le calme en toi dans les moments de panique et de stress en regardant simplement ces idées et émotions se manifester sans t’y accrocher…tout simplement en demeurant dans la présence de celui qui perçoit ce qui se manifeste, celui qui voit, celui qui ressent, celui qui Est.

L’homme : Tu vois les larmes sur mes joues, elles coulent à partir du fleuve de ma vie…c’est comme si je revivais à nouveau…mon ami, je te remercie de m’avoir tenu la main pour m’aider à retourner vers moi-même.

Le pêcheur : Je suis et serai toujours là pour te ramener à toi-même.



Le vivant qui est en moi

Je suis vivant !
Qu’est-ce que la vie ?
Qu’est-ce qui vit en moi ?
Quelle est cette énergie de vie ?
Mais qu’est-ce qui est vivant en moi ?

Il y a la perception de la vie et il y a la vie elle-même. La perception de la vie c’est tout ce que j’essaie d’expliquer sur cette vie, tout ce qui passe par le discours sur la vie. La vie c’est ceci ou cela ! Elle a un sens lorsqu’elle contient ceci ou cela !

La vie se retrouve ainsi compartimentée, comme découpée par les limites du langage et des représentations. Elle est encadrée par des critères et enfermée dans le mental humain. Les descriptions et les explications ne sont pourtant que de pâles décalques que nous tentons d’appliquer à la vie. Ceci, afin qu’elle nous apparaisse plus compréhensible et nous donne l’illusion que nous pouvons la saisir et la prendre en main. Trop rattachée au sens, celle-ci ne semble pas avoir de raison d’être si nous ne trouvons pas de sens à notre vie. Est-ce que j’ai fait une bonne vie ou non ? Qu’est-ce que je dois faire pour que ma vie vaille la peine d’être vécue ?

La vie ne s’explique pas seulement par le mental. Plus nous essayons de l’expliquer, plus nous nous éloignons de son essence réelle. Le mental humain dénature le vivant. Regardez un enfant jouer avec plaisir, est-ce qu’il a besoin de savoir si sa vie a du sens ou non ? Absolument pas. Sa vie se déroule directement, avec intensité et joie, sans mobiliser quelque description quelconque.

La vie ne peut pas se limiter seulement à ces concepts et à ces modes explicatifs. Au-delà de ces pensées déformantes, il y a la présence à cette vie ou à ce qui vit en nous. La présence à cette vie passe par le ressenti de ce vivant, par un contact pur et sans obstacle.

Il est difficile de décrire le ressenti par des mots, mais essayons tout de même. Le ressenti ne passe pas par des formulations ou des explications provenant de notre tête ou de la tête des autres. Il est souvent masqué par l’inattention créée par le brouhaha des pensées, des sentiments et des émotions. Le ressenti peut émerger lorsque nous calmons notre esprit qui vagabonde et que nous nous centrons directement dans ce qui est.

Le ressenti du vivant est un contact direct et vibrant, en pleine ouverture à ce qui est. C’est une conscience en présence. Nous pouvons ressentir dans tout notre corps une grande énergie vibratoire qui nous fait constater ce vivant qui est en nous. Le ressenti se manifeste aussi comme une grande lumière qui élimine les ombres créées par le mental (les pensées sur notre vie ou ce que nous sommes en cette vie) et fait apparaître les reliefs subtils de la grande beauté du vivant.

L’existant, le vivant en moi, passe aussi par le plein détachement de la référence à un moi construit dans ma tête. Le moi est une représentation d’une personne que j’imagine être et que je tente de décrire. Je ne suis pas cette personne lorsque je suis directement dans le cœur du vivant. Je n’ai plus d’identité qui me définit. Je suis là, directement. Je ne suis pas en référence à la vie ou en interprétation de la vie, je suis la vie elle-même en pleine existence. Le ressenti direct du vivant n’est pas illusoire, il n’est pas en représentation. L’illusion est de croire que ce qui vit en nous doit être analysé à la vue d’une position subjective que nous avons par rapport à notre vie et des différents contextes de vie qui nous affectent.

Vivre dans le ressenti de la vie est très nourrissant. Nul besoin d’avoir atteint tel ou tel objectif de vie pour donner une valeur à cette vie. La vie n’a aucune valeur mentale, elle est tout simplement. Nous perdons contact avec l’essence du vivant quand nous nous éloignons de l’intensité vibratoire de vivre directement dans l’existant. Tous les critères qui nous définissent collectivement ou personnellement éclatent en millions de miettes lorsque nous sommes en contact avec la puissance du ressenti direct avec le vivant en nous. Beau ou moins beau, malade ou non, infirme ou non, pauvre ou riche et tous les autres critères qui nous définissent ou définissent notre vie n’ont plus aucune portée. Seuls le ressenti direct avec le vivant et les vibrations du vivant demeurent. Nous pouvons ainsi entrer dans une dimension divine, dans une forme d'Amour en contact direct avec la vie.

Nous avons souvent tendance à dire que la grande justice de la vie est la mort. Je ne suis pas en accord avec cette orientation. Ceci enlève à mon avis toute la puissance du vivant. Je dirais plutôt que la grande justice en ce monde, c’est pour toutes et tous d’avoir accès à cette force vivante qui est en nous, à ce contact direct et nourrissant de la Vie.



mardi 27 décembre 2016

Remplacer les images de soi par l’existence de soi


Depuis que nous sommes tout jeune, nous avons été amenés à adopter certains types de comportements. On nous a dit ce qui est bien ou mal et on nous a dictée comment se comporter en société. On a essayé, pour le bien collectif ou pour toutes autres raisons de nous forger comme de bons citoyens, de bons enfants, de bons élèves ou amis, de bons adultes.

Tous ces conditionnements furent certes utiles pour maintenir un certain ordre familial ou social, mais du même coup, la façon de nous voir a été conditionnée par tout ceci. Comme si ce que nous sommes devait constamment respecter ce qui est admis, reconnu, valorisé. Ceci a eu pour effet de teinter la façon de se voir, de créer des images de soi figées, en référence et déformées. Toute image de soi est en partie un reflet de cette société intériorisée, une société qui a su s’incorporer dans notre interprétation mentale de ce que nous sommes et devons être. 

Et puis, il y a eu aussi toutes les comparaisons entre les personnes. Les jugements, les descriptions, les qualités et les défauts des autres ont teinté pour plusieurs les façons qu’elles ont eues de se voir et de se construire des personnalités en référence.

Tu es gentil, tu es belle, tu es stupide, tu es gros ou grosse, tu n’es pas intéressant, tu es brillante, tu es mieux ou moins bien que telle autre personne, tu es un incapable, ton frère est plus habile que toi, tu n’as pas ou tu as tous les talents, tu ne réussiras jamais dans la vie, car tu es trop bête, tu viens d’une famille reconnue et tu dois agir pour conserver sa réputation, tu fais partie d’un groupe sélect de la société, etc.

À plusieurs moments de notre vie, il est possible que nous ayons également coopéré à fabriquer des images erronées de nous en nous comparant avec les autres ou avec ce que nous devrions être. Nous avons été les complices de la construction de ces évaluations en émettant des jugements sur ce que nous croyons être. Comme si cette façon de faire était tout à fait normale et que nous pouvions nous-mêmes l’utiliser contre nous-mêmes. Même le langage, les mots que nous utilisons parfois sont chargés des images de soi qui tentent de nous décrire.

Je ne serai jamais capable, je ne suis pas bon dans ceci, je n’ai aucun talent dans cela, on m’a toujours dit que ce n’est pas pour moi alors je n’y peux rien, je suis le meilleur ou supérieure à telle autre personne, je ferai mieux que l’autre, je ne fais jamais rien de bien, je suis bon à rien, etc.

Beaucoup de souffrances et de freins sont associés à cette pratique comparative, en référence aux valeurs et normes de la société et aux jugements des autres. Le fait qu’on nous compare ou que nous nous comparions nous-mêmes peut parfois avoir des conséquences catastrophiques.

Les personnes qui se placent constamment dans ce rapport aux autres et à soi-même peuvent entraîner différents types d’attitudes allant de la dévalorisation à la diminution de l’estime de soi. La personne peut se retrouver à l’ombre d’elle-même, paralysée et bloquée, ne pouvant plus avancer sur la route de sa vie. Des comportements hétéro ou autodestructeurs peuvent apparaître tels : des sentiments d’envie, de jalousie, des colères, de la violence d’intensité variable envers soi-même ou envers les autres ou encore l’autocritique chronique, la dépression et même le suicide.

D’autres vont développer une telle importance de ce qu’elle pense être, qu’il peut en résulter un gonflement ou une survalorisation de la personnalité qu’on a créé d’elle ou qu’elles se sont créées avec le temps. Certaines conséquences pourront alors se manifester tels des comportements égocentriques, la négligence envers autrui, le contrôle des autres ou leur nuisance en toute justification. Ici la personne peut se voir comme le centre de l’univers et les autres ne font que graviter autour d’elle.

Il y a cependant un décalage énorme entre ce que nous pensons être ou ce que nous devons être aux yeux des autres ou et ce que nous sommes réellement. Nous sommes enterrés sous le poids des images de nous-mêmes qui se sont placées dans notre tête et qui nous définissent.

Alors maintenant, comment se détacher de la force et de la puissance des conditionnements extérieurs intériorisés et des autoconditionnements qui vivent en nous depuis des nombreuses années ? Comment savoir qui nous sommes réellement au-delà de toutes ces définitions erronées ?

Ceci peut se faire en changeant nos habitudes et nos attitudes de regard sur nous-mêmes. Plutôt que de s’accrocher aux idées et au jugement que nous portons sur nous ou sur les images que les autres nous collent, il faut nous regarder nous-mêmes sans apporter de jugement ou de critique. Il faut balayer toute idée sur ce que nous pensons être. À tout moment que se présente une idée valorisante ou dévalorisante de soi-même, un jugement, une critique, une définition, une qualité qui vient d’autres personnes ou dans notre intérieur, ne pas s’y accrocher, ne pas entrer à l’intérieur de celle-ci. Mieux vaut laisser passer les nuages des comparaisons et nous ouvrir à notre soleil intérieur.

Notre formidable vitalité d’existence ne peut se résumer à ces perceptions erronées. En d'autres mots, toutes les potentialités de ressentir l’existence ne peuvent pas être résumées par ces descriptions de soi, par ces images que nous ressassons sans cesse. Celles-ci ne permettent pas de nous voir réellement à partir de notre source énergisante, de ressentir clairement la vie telle qu’elle coule dans nos veines, dans notre corps, dans tout ce que qui nous anime. Le fait de partir de notre ressenti est une grande découverte, car enfin ceci nous permet de nous libérer de notre vision erronée de ce que nous sommes, de l’image biaisée de soi. Ceci est une redécouverte de notre nature la plus profonde, de l’intensité de la vie qui nous habite. Cette attitude de l’ouverture à l’existant nous permettant de sortir de toute dualité pour revenir à l’unité et à la pleine existence de son Soi. Voici donc la grande porte de l’amour. Ceci représente une vraie révolution, un total changement dans la façon de se voir dans cette vie.



Comment sortir des cycles du temps



Tout passe sous nos yeux. Le temps semble fuir à une vitesse vertigineuse. Pas si tôt levé, que nous sommes prêts à nous coucher. Pas si tôt le vendredi que nous nous retrouvons le dimanche (la fin de semaine qui se termine). Pas si tôt en vacances, que nous sommes déjà de retour au travail. Pas si tôt venu au monde, que nous nous retrouvons à la retraite à nous demander comment notre vie a bien pu filer aussi vite et le temps passer entre nos doigts aussi facilement.


Nous pensons prendre le contrôle de notre vie en voulant maîtriser le temps, en l’organisant et en le planifiant. Après tout, nous avons une multitude d’activités, de responsabilités, nous avons notre travail, notre famille, nos amis-es qui exigent de nous que nous leur accordions une part de temps relative. Toutes les parties de temps utilisées, ceci en laisse bien peu pour s’accorder du temps pour soi. Nous pouvons souvent entendre l’expression: je n’ai même plus de temps pour moi avec tout ce que j’ai à faire ! Bien des angoisses et du stress se manifestent en nous quand nous voyons le temps nous échapper. La vie peut nous apparaître bien sombre quand nous la situons en référence à ce temps qui contrôle tout. Je n’aurai jamais le temps de tout faire ! Je vais mourir avant d’avoir à peine réalisé les objectifs de vie que je me promettais de réaliser ! Tout passe bien trop vite…je n’y arrive pas !
 
Le temps est une perception qui se manifeste dans notre tête. Nous regardons notre vie en comparaison avec le passé, le futur et cherchons même à figer le temps dans ce que plusieurs nomment le moment présent. Nous nous retrouvons constamment dans cette comparaison, comme en marchant sur le fil fragile de notre continuum de vie. Sans le savoir, nous sommes enchaînés à la façon de se voir dans ce rapport au temps. Comme prisonniers-ères de cette fatalité dans laquelle notre vie s’est enfermée et dans laquelle nous avons cédé notre propre liberté. Mais est-ce possible de sortir de cette perception temporelle ?
 
Oui c’est possible. Tout simplement par la conscience directe avec ce qui est. Je dis tout simplement, mais je suis conscient que pour plusieurs ce n’est pas si simple. Cette façon de se voir dans les cycles du temps remonte à des années de conditionnements collectifs et même à des autoconditionnements ancrés de longue date. Regarder la vie par un contact direct, c’est opérer une rupture, un changement de focus. Nous ne regardons pas les secondes, les minutes, les heures, etc. qui passent, mais nous sommes en présence consciente avec ce que nous faisons ou avec ce qui se passe. Nous prenons acte de ce qui est agissant en étant pleinement en présence et en conscience à ce qui est.
 
La position ÊTRE EN PRÉSENCE me permet de sortir du temps. Je ne suis plus dans le temps, mais dans la présence. Chaque activité que je réalise dans ma vie en pleine présence me permet de ne plus être affecté du tout par le temps. Le temps devient un référent pour me permettre de fonctionner dans ma vie de tous les jours. Toutefois, je n’accorde plus autant d’importance à celui-ci. Ma vie ne tourne plus autour du temps qui passe. Elle est élargie par la présence à ce qui est. Je suis libre directement de ressentir ce qui se passe, sans être affecté par le temps. Les multiples activités que je réalise, s’effectuent en tenant compte de toute leur richesse et ne sont en rien diminuées par ce rapport au temps.

Je vais terminer par une petite parenthèse pour me distancer de ceux et celles qui cherchent à figer leurs activités dans le moment présent. Plutôt que d’essayer d’arrêter le temps et de maintenir l’illusion en soi que je vais maîtriser ce moment où cette activité dans cet instant, je me place plutôt dans une position de pleine présence, EN PRÉSENCE. Le moment et l’activité vont passer et je ne pourrai jamais arrêter le temps de cette activité, je ne peux jamais arrêter le moment qui est situé dans le continuum du temps. Plutôt que de nous placer dans la crainte de voir ce moment se terminer, nous nous plaçons dans une pleine ouverture à tout ce qui se manifeste. Réaliser ceci, c’est réaliser que je peux enfin sortir des cycles du temps et vivre dans la pleine présence du vivant.
 

vendredi 2 décembre 2016

Comment vivre par la richesse de la sagesse

L’homme : J’entends souvent dire que les sages vivent dans les montagnes, qu’ils ont des barbes longues et qu’ils méditent jours et nuits. Que lorsqu’ils marchent, nous n’entendons aucun son. Quand ils parlent, ce sont des phrases profondes qui émanent d’eux. Qu'ils sont comme de grands livres ouverts provenant de leur lignée d’ancêtres. Comme il serait formidable de pouvoir vivre avec sagesse !

Le pêcheur : La sagesse est accessible à toutes et à tous, maintenant. Ce n’est pas quelque chose qui s’obtient seulement comme tu l’as décrit. C’est une position, une attitude et une ouverture sur le ressenti qui peut te permettre d’accéder à toute la richesse de la sagesse de ton Être intérieur. Vivre en ton Être te permet, sans te faire pousser de barbe ou de manger du riz en montagne, de profiter à tout moment de cette grande ouverture sur l’existence. Mais disons que vivre par la richesse de la sagesse c’est …

 … tout d’abord garder un cœur bon. Un cœur bon c’est un cœur qui ne veut pas de mal à personne et qui reste ouvert aux autres et à soi-même. Vivre à partir du grand Être plutôt que de suivre les mauvaises routes présentées par le mental, l’ego, le diable ou Mara. L’Être connaît la différence de ces voies. Vivre à partir de l’Être, c’est vivre au cœur de soi. Voir, entendre, parler, écouter, toucher et percevoir à partir de son Être et non seulement à partir de ses sens et de sa tête. C’est être en contact avec la plénitude de la vie. La sagesse émane de cette sensibilité qui dépasse le premier niveau de perception.

Parler avec sagesse, c’est dire des choses avec sa bouche qui ne viennent pas de la tête, mais du centre de soi-même, à partir du cœur. Les paroles sont d’une pureté et d’une puissance qui viennent non seulement du médium qu’est la personne qui parle, mais de la vie qui emprunte ce chemin pour se révéler. Parlez avec sagesse, c’est parlé par la vie elle-même. C’est être conscient de la puissance des mots. C’est être conscient qu’une parole est comme une minuscule roche qui tombe à l’eau dans un lac calme. Cette minuscule roche va créer des cercles ondulatoires de plus en plus grands. C’est savoir que ce qui est dit en parole ou un acte envoie des ondes à l’univers. Ce qui est dit touche les êtres, ce qui n’est pas dit touche les êtres. Parlez à l’univers, c’est entrer en contact avec celui-ci au-delà des mots. Il y a un contact, une vibration qui fait bouger ce monde. La parole est plus grande que les mots. La parole est la vibration de l’univers. Le silence peut créer de grandes catastrophes autant que de torrents d’amours et d’énergies positives.

Nous avons déjà parlé de l’écoute attentive. La pleine écoute est l’écoute du cœur, l’univers qui entend l’univers, la vie qui entend la vie. C’est la plénitude de l’écoute qui se manifeste. Elle entend ses sons et ses silences et ceci dans le même temps. Vive la sagesse de l’écoute, c’est la vibrer avec la sagesse du cœur attentif qui entend tout en même temps. Ce n’est pas une écoute focalisée sur un son ou sur un bruit en particulier, c’est entendre tout par le cœur. Entendre ce qui n’est pas manifesté, entendre l’hésitation. Entendre va donc beaucoup plus loin que les tympans qui résonnent. C’est entendre avec la pleine disponibilité de l’Être.

Voir avec la sagesse, c’est voir mieux. C’est voir ce qui ne se voit pas avec l’œil seulement. C’est voir plus loin que l’image. Par exemple, on vous présente une photo avec un merveilleux coucher de soleil. Regardez avec la sagesse, c’est regarder en tenant compte de l’image certes, mais c’est aussi regarder avec celui ou celle qui a pris cette photo. C’est voir la vie qui passe à travers le médium de l’image. Voir la vie manifestée, voir les détails imperceptibles. Regardez quelqu’un, c’est le voir pas seulement avec ce qu’il présente physiquement, c’est le voir dans tout ce qu’il présente et tout ce qu’il ne présente pas, c’est le voir au-delà du perçu. C’est voir ce qu’il a été, ce qu’il est au-delà de ce qu’il perçoit de lui-même.

Goûter quelque chose avec sagesse, c’est toute autre chose que seulement goûter avec le palais et la langue. C’est goûté avec le cœur. C’est ressentir autant les grandes cultures dans une seule gorgée de café. C’est goûté l’univers fait sel dans un seul grain de sel. C’est entré totalement dans l’acte de goûter. C’est en même temps goûter toute la complexité qui permet ce goût.

Toucher quelque chose c’est entré en contact avec tout son être. C’est percevoir la texture au-delà de ce qu’elle présente. C’est vibré intérieurement à tout ce qui permet à cet objet ou à cette personne d’être. C’est touché au-delà de la sensation physique. C’est ressentir des énergies incroyables qui permettent cette existence, qui permettent ce contact. C’est permettre à la vie de se toucher elle-même au-delà de la sensation. C’est se servir de ce médium sans s’y arrêter, sans s’y limiter.

Sentir avec la sagesse, c’est certes inspiré et interprété les particules perceptibles par ce sens de l’odorat, mais c’est aussi percevoir par ce médium la provenance de ces particules et la provenance spatio-temporelle de celle-ci. C’est sentir avec le cœur, avec l’Être. Sentir une fleur, c’est ressentir la vie manifestée. Sentir l’air pur, c’est ressentir l’univers qui rend possible cette terre. Même, sentir quelque chose qui ne sent pas bon, c’est ressentir la vie manifestée. Sentir avec l’être c’est dépassé les limites physiques du sens, c’est entré dans la senteur universelle. C’est sentir avec toute notre énergie vivante.

La perception par la sagesse, c’est l’ensemble des sens, mais plus large que les sens. La perception est une sensibilité à tout ce qui est, au mouvement lent, rapide et à l’immobilité. C’est un contact vibratoire avec l’extérieur en osmose avec l’intérieur. C’est une membrane qui vibre à tous ceux qui m’entourent. Hypersensible. C’est le cœur qui reçoit les énergies extérieures et vibre à l’unisson avec toutes les manifestations et non manifestations. C’est une fusion complète avec l’univers, avec tout ce qui nous entoure. Ce n’est pas une fusion qui se fait avec la tête par interprétation intellectuelle ou rationnelle. C’est l’existence qui passe à travers l’Être et qui est ressentie par l’existence elle-même. C’est un halo lumineux qui entre en vibration avec tout ce qui est. C’est une expérience grandiose et magnifique qui donne une toute autre richesse à ce que nous percevons dans la vie de tous les jours. C’est une fenêtre sur la vie elle-même.
























jeudi 1 décembre 2016

La mort, cette grande libératrice du vivant


Est-ce qu’il y a un sujet plus lugubre que la mort ? Est-ce qu’il y a un sujet que nous voulons contourner autant que la mort ? Non la mort est un sujet tabou, sans aucun intérêt pour bien des personnes. Quand nous y seront rendu peut-être que nous nous n’y intéresserons un peu ou même pas du tout. Parlez-moi d’autre chose que de la mort…SVP ! Sinon, je ne vous écouterai pas du tout ! J’ai bien autre chose à faire que de parler de la mort ! J’ai peur de la mort et de la maladie qui conduit à la mort ! Pourquoi donc voulez-vous m’entretenir à ce propos ?

Je vais essayer tout de même un peu de présenter les avantages de parler de la mort et d’y réfléchir pour notre vie. Pour plusieurs personnes sur le seuil de la mort, toutes les souffrances passées, tous les tourments qui n’ont cessé de la torturer, tout ceci s’évanouit dans un grand lâcher-prise. Non pas un lâcher-prise obligé, mais plutôt une prise de conscience d’un grand détachement, d’une grande liberté d’existence sans mobilisation d’énergie quelconque. C’est également la libération du sentiment de moi, ou en d’autres mots l’identification à la personnalité. Ces attachements deviennent futiles, sans aucune importance.
 

Cette prise de conscience se fait malheureusement tard dans notre vie. Pourquoi donc attendons-nous si tardivement pour découvrir cette possibilité du vivant à s’ouvrir à cette grande liberté sans entrave.

Est-ce possible de s’éveiller plus tôt. Bien certainement ! Le simple fait de constater que notre vie a une durée limitée et que de toute façon nous allons arriver tôt ou tard à notre mort devrait nous aider à relativiser tout ce qui nous arrive en cette vie. Nous pouvons accéder dès maintenant à cette conscience qui amène vers la paix intérieure.  

Aussi bien nous servir de cette réalité comme d’un levier pour vivre plus intensément notre vie. Plusieurs personnes qui ont frôlé la mort ou ont témoigné avoir vécu un retour d’une mort imminente, ont témoigné qu’elles ne voyaient plus la vie de la même façon. Les préoccupations qui avaient beaucoup d’importance auparavant n’en a tout simplement plus. Certaines vont dire : Je veux prendre attention à chaque seconde de ma vie et vivre pleinement. La mort ne me fait plus peur, car j’ai redécouvert l’amour de la vie. Ceci devrait être porteur de grandes réflexions sur ce qui a vraiment de l’importance et sur ce qui n’en a pas vraiment.

La mort peut devenir une grande amie qui nous permet de voir notre vie différemment, comme plus importante et plus riche. Oui, la mort vue à partir de cet angle peut se révéler sous une autre couleur et une autre forme. Plutôt que d’être noire et représentée comme la grande faucheuse qui nous fait peur, elle se révèle maintenant comme une belle lumière blanche du vivant et sous la forme de l’Amour bienveillant de la Vie qui se libère de ses entraves.
 

L’état d’émerveillement

L’homme : Je vous ai entendu parler de merveilleux à quelques reprises. Pouvez-vous m’en dire plus sur ce que vous entendez par émerv...